bribes
je ne m’en souviens pas mais on me l’a raconté tant de fois que je revois la scène
je suis rentrée de l’école toute seule comme une grande pour ne pas trouver une maison vide
y’a quelqu’un au sous sol
je sais qui c’est, on m’a prévenu
j’y vais curieuse – d’en bas remonte un refrain des Beatles, surement un disque de papa, je me souviens qu’elle n’écoutait que ça sur le vieux poste au son un peu pourri
je l’ai regardé et j’ai un peu testé le mood
ici c’est chez moi, tu es chez moi là..
de son plus beau regard noir elle m’a répondu « et bien moi aussi, je suis chez moi ici »
si le moment m’échappe, j’ai bien sûr souvenir des réprimandes des autorités parentales une fois qu’elle a vendu la mèche
faut dire, c’est quand même ma soeur
et faut dire, c’est quand même aussi chez elle
faut dire, à l’époque j’étais fille unique et haute comme trois pommes
plus maintenant.

la correction
je me laisse tomber à côté de l’ordinateur dont la batterie s’est vidée sous un regard désapprobateur
je maugrée une excuse, je n’en ai pas vraiment, comme souvent j’ai fait un choix et je ne sais pas si c’était le bon – je ne l’assume qu’à moitié
comme revenue d’ailleurs je suis devenue observatrice, je ne fais plus partie de la petite réunion qui se tient dans le salon, et je souris – j’aimerais bien pouvoir prendre une photo et capturer ce moment
elles pèsent chaque mot, comme si leurs vies dépendaient de ce qui sera écrit – c’est un peu le cas, alors je souris parce que je ferais pareil
sans s’immiscer dans le travail d’écriture elle tente avec tact de donner son avis, ponctue de beaucoup de « peut-être » et de « non? »
elle fronce les sourcils et se tord la mâchoire pour parler dans sa barbe
égoïstement je me ravis d’être capable de saisir cet instant

(parenthèse)
elle parle toute seule à côté de moi et ça m’irrite quelque part, comme une réaction épidermique
elle m’apostrophe vaguement, entre deux commentaires – je rechigne à enlever l’écouteur qui fait barrière auditive pour écouter ce qu’il y avait de si important à dire, là, maintenant, tout de suite – il est quelle heure, on ouvre une bière?
je me plains mais en fait j’adore ça, ce sentiment de quiétude familier, je sais où je suis et ce qui m’arrive et je suis suffisamment bien pour m’agacer
dehors y’a des bruits improbables, ça caquette, ça miaule et ça aboie, among other things I can’t describe
même si ça n’est qu’un leurre, qu’une parenthèse
là tout n’est qu’ordre et beauté,
luxe, calme et volupté

What do you REALLY need? #7

you got to get off the…
(inspiré de ce que j’ai lu sur l’ami facebook aujourd’hui, le titre)
à des années lumières je suis
ou tout du moins j’en ai l’impression
under the pouring rain, ça c’est sur, au milieu des chiens et des chats errants, là, sur l’île
entre ce que je voudrais et ce que je suis
et si tout finissait ici?
et recommencerait, inlassablement, là bas, au milieu de la nuit
pourquoi à chaque c’est comme si je ne reviens pas
What do you REALLY need? #6
un post pour comprendre que ça existe ailleurs – « Chère Amie » par DariaMarx
What do you REALLY need? #5

un vrai bon concert bis – Villagers @ La Maroquinerie
I am une ligne de code
< d-i-v class="love">
{block:(un)officialone} {if:nodisplayof(un)officialone alt="me"}
< / d-i-v >
What do you REALLY need? #4

my good friends
What do you REALLY need? #3

un vrai bon concert – ‘Yelle @ Le Point FMR ce soir’

a sleepy (big) kitten