Pas fermer l’oeil de la nuit

Même si là tout de suite ça m’enchante que très moyennement, l’expression m’amuse, en souvenir de cette fois où j’avais sept ou huit ans et où la petite voisine m’avait dit que son père n’avait pas fermé l’oeil de la nuit.
J’ai imaginé pendant les jours qui ont suivi cet homme qui devait avoir les yeux grands ouverts pendant que je dormais paisiblement dans la maison d’à côté et je me demandais comment il faisait pour arriver à ne jamais les fermer de toute la nuit.

C’était avant d’être insomniaque.

What do you REALLY need? #10

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une salle de cinéma vide

ma vie numérique a de la gueule – TER

parfois (pas souvent) je me vois rêver à un étalage tonitruant sur la toile

soit à la façon des blogueurs que je lis mais dont je n’ai pas le talent qui racontent leurs journées, leurs réflexions – j’ai juste pas la vie qui va avec, a day at the office, même si chez nous c’est rock’n’roll, c’est juste pas possible

soit à la façon des gamins avec leurs blogs feu-skyrock, plein de photos – et là pareil, pas possible, c’est pas que je prends pas de photo mais pas vraiment ce genre de photos..

je pourrais raconter mes maigres aventures musicales si elles venaient à s’épaissir – si j’arrivais enfin à sortir de ma chambre et assumer plus loin que le bout de mon nez les quelques titres qui continuent à s’accumuler sur mon disque dur

je réécoute de temps en temps
les très vieux trucs – j’ai un peu honte.. -, c’est mal écrit, y’a un ou deux mots qui me font sourire, mais je me souviens de chaque raison – de chaque chanson
c’est drôle parce qu’il y a plein d’étapes – les premières maquettes, celles qui datent du collège, quasi inécoutables
celles de l’année de 2nde, où on distingue vaguement une forme
celles de mes années de lycée à proprement parler, dans la lignée de celles de 2nde, en un peu mieux
au milieu deux titres maquettés au propre, mis sur MySpace et tout le tintouin, que j’ai presque oublié
celles d’après sont de vraies chansons – c’est hyper maladroit, mais ce sont de vraies chansons
après y’a deux grosses étapes – deux collaborations – de la première est née de meilleures guitares, de la seconde du meilleur tout court
et ensuite… il y a maintenant et ma trouille incommensurable qu’on puisse me juger sur les quelques bouts de musique qui ressortent des heures passées sur l’ordinateur
mais je me (les) sors (- les doigts), et j’essaie de faire des mini pas dehors

quand j’écoute ce que les gens mettent sur internet, je me dis que je pourrais le faire aussi
et puis après je me rappelle où je vais bosser tous les jours et je sais que c’est pas raisonnable
alors je ferme l’ordinateur et je me dis que ce sera pour la prochaine fois
de nouveau

vivement que ma vie numérique ait de la gueule (grave)

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buy me summer time (/some more time)

de la vérité par palier

comme on ose pas vraiment la dire parce qu’on la sait flouée d’avance

c’est perdu d’avance, alors on se mord un peu la langue – ça en plus ou en moins…

mais au moins je m’organise.

je prends un gros coup de recul et je regarde derrière moi – je laisse couler et je me demande, encore une fois, si l’herbe n’est pas plus verte ailleurs

de ce que je sais, de ce qu’on me dit, de ce que je vois, de ce que j’oublie, je ne garde qu’un goût passé d’acide trempé dans du sucre

j’aimerai bien savoir ce que j’en fais, de ça et de la dizaine de titres qui dorment entre Logic et iTunes.

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La poule aux oeufs d’or

je m’esclaffais bien souvent devant tant de bonheur unanime – aucun doute à l’horizon, tout est génial, rien à jeter, emballez c’est pesé, j’achète et en quatre exemplaires

la poule aux oeufs d’or – zéro esprit critique, juste l’aveuglante luminance de l’objet délivré aux milles éclats dans mes yeux – tout ce qui sort de son cul, c’est déjà plus qu’assez

c’était avant

j’ai lu sur facebook ce matin : choisir c’est renoncer

comme j’ai du mal à faire mon choix, je renonce à pas grand chose, pourtant on m’encourage, faut que tu choisisses
mais j’ai toujours l’impression qu’on me laisse le choix entre rien ou rien, du coup je reste le cul entre deux chaises là où y’a quand même quelques miettes qui tombent, de temps en temps

souvent je me dis que je ferais mieux de choisir rien, histoire de renoncer à rien.

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Flou

je n’ai jamais trouvé « le » moment

pourtant on me l’a bourré, le crâne, de vazyc’estbon, bouge toi, si tu le veux vraiment fais-le

jme demande toujours ce que ça fait d’y aller franco, d’avoir les couilles de se jeter dans le vide
mais rien à faire, c’est jamais venu

qu’est ce que ça veut dire au fond, qu’en fait non?

j’ai beau chercher, je creuse les heures jusqu’au bout de chaque seconde – alors oui, bien sur, un geste en entraine un autre, si j’avais bougé différemment, peut-être que…

peut-être que rien – si y’a jamais de « bon » moment, c’est surement parce qu’il n’y a pas de moment du tout

je disais aujourd’hui plus tôt que j’aimais pas le flou

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Yes we Cannes

j’ai ma scène dans le film

si on parlait en terme de séries, jpense même que mon nom serait au générique de la saison 2

c’est la fameuse scène d’aparté, pas dans le feu de l’action, un peu à côté – y’a un des personnages principaux mais juste un

c’est ça aussi, l’esprit Cannes

j’apparais, je fais mon truc, dans les règles, en essayant de ne pas trop en faire

et puis clap de fin, remballez mademoiselle, c’était sa dernière scène aujourd’hui, on applaudit et on rentre chez soi

c’est surtout ça, l’esprit Cannes

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What do you REALLY need? #9

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une escapade au pays du Festival de « Je peux »

ADN

quand je me pose cinq minutes tu vois, je me demande toujours s’il avait imaginé ça

- sur que non, si tu veux mon avis, mais moi j’y pense

j’ai encore le temps de voir venir et ça serait même assez ironique maintenant, mais je pense aux enfants, pas vraiment aux miens mais au moins à ceux qui sont un peu comme les miens

et je m’imagine comment ça sera pour eux
si le poids incommensurable du temps qui passe leur sera aussi insupportable qu’il peut l’être parfois pour moi
s’ils supporteront bien leurs hauts et leurs bas – souvent je me dis que c’est tellement égoïste de les avoir amenés là pour qu’ils vivent ça

je les vois se casser la gueule et j’aimerais bien pouvoir les empêcher de tomber à chaque fois

et puis je me souviens de cette réplique du Fabuleux Destin d’Amélie Poulain, et je me dit qu’ils font peut-être bien de se faire quelques bleus

(Vous n’avez pas des os en verre. Vous pouvez vous cogner à la vie. Si vous laissez passer cette chance alors avec le temps c’est votre coeur qui va devenir aussi sec et cassant que mon squelette. Alors allez-y, nom d’un chien.)

j’aimerais bien que les choses aillent d’elles-même quelque fois (souvent) (tout le temps)

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What do you REALLY need? #8

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a really good laugh


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