maxime

mon père me disait toujours « pleure un coup tu pisseras moins » lorsqu’il était un peu démuni devant mes larmes

bonne fête

par vents et marées

doucement, mais surement, je me dirige vers le point de non retour,

pour enfin faire ce que je fais de mieux : couper les ponts

à l’eau tout le monde, jetés par dessus bord, le navire a coulé et je suis prête à dériver sur mon radeau de fortune le temps qu’il faudra

personne ne m’avait dit qu’il était si difficile de garder le cap
j’ai vomi à babord, pleuré à tribord

maintenant je laisse la marée faire et je m’escrime à emmagasiner du capital, pour plus tard
pour la terre ferme

lord, i’m discouraged.

wpid-IMG_6879-2011-06-18-12-38.jpg

Big fat smile

Je tendais la main en vain pour essayer de toucher comme on essaie d’atteindre la lune avec le doigt – c’est sans appel, ce genre de foi, on tente toujours mais rien ne se laisse faire.

J’essaie encore d’oser le partage, la discussion, mais quand on commence par « je vais te dire », « je t’explique », « tu ne sais rien », y’a comme un nerf qui se crispe et je me braque, définitivement ou au moins pour l’heure à venir.

J’aimerais savoir le cacher mieux, qu’on ne lise pas en moi comme dans un livre ouvert – pouvoir dire le contraire sans laisser planer le doute, emballez, c’est pesé, circulez y’a rien à voir, d’ailleurs y’a jamais eu quelque chose à voir alors qu’est ce que vous faites là?

Y’a une chanson en boucle dans mes oreilles depuis plus de 36 heures maintenant et elle résiste (je ne m’en lasse toujours pas) mais quelque part j’aimerais que cela cesse.
La musique couvre le bruit je préfèrerai couper le bruit plutôt que de le couvrir, cache misère de fortune au pouvoir étonnamment étendu. Comme les temps peuvent être longs parfois.

Pourtant, it feels like a beautiful morning

wpid-IMG_7054-2011-06-16-20-442.jpg

rendez-vous manqué

je crois que je sais même si c’est sur que je sais pas

je devine ce qui se fait, où tu vas et où tu es

j’en ai ras le bol des rendez-vous manqués

pourtant…
hier soir il m’est arrivé un truc assez rigolo quand on y pense
je me dirigeais vers la Cité de la Musique pour aller écouter le Stabat Mater de Pergolese (en réalité c’était une adaptation par Bach, l’enfoiré a tout traduit en allemand pour le grand dam de mes oreilles et de la musicalité de l’oeuvre.. mais bref), après un bon coup de chaud dans la ligne 5 suite au bruit très étrange que faisait un ventilateur (j’ai pas vu ma vie défiler mais presque), je me rue vers la sortie bien contente d’en avoir fini avec les sous terrains et devant moi se trouve… ma soeur
elle allait voir la danse à la Grande Halle, moi le classique à la Cité de la Musique, on s’était pas concertées, on n’avait pas prévu de se croiser, on s’est juste retrouvées au même endroit au même moment, heureux hasard

(se croiser se perdre, se croiser se perdre, mille fois se croiser, c’est un joli hasard)

je me demande combien de fois on se rate, comme ça
parce que je suis à l’avant du train et qu’ils sont à l’arrière, parce que je descends en tête et qu’ils montent en queue

je me demande combien de fois on pourrait se voir mais on ne se croise pas, sans raison, juste parce qu’on est pas à l’exact même endroit au même moment, cachés par la foule
qu’est-ce qui fait qu’on est au même endroit au même moment? y a-t-il un certain déterminisme ou juste des coïncidences qui se répètent?
si on arrive à tout faire pour s’éviter, alors pourrait-on faire de même pour arriver à se voir? est-ce que la volonté inconsciente de deux personnes suffit?

Sagan disait qu’elle était un accident qui dure

j’ai laissé pleins de gens de côté, au fil des années
j’ai laissé derrière moi les amitiés de mes dix ans et les gens qui ont changé ma vie alors que j’étais à peine sortie de l’école primaire
et puis, magie de la technologie et de l’association d’idée, j’ai voulu remonter à l’époque où moi aussi je chantais du Pergolese en tapant quelques noms sur facebook
et là, je me retrouve comme Dominique Bretodeau devant sa boîte de souvenir, comme un con dans sa cabine téléphonique
c’est des années de ma vie oubliées et passées sous silence, à l’opposé de ce que je fais maintenant, sans aucun contact avec ma vie d’aujourd’hui
personne – je dis bien personne – que j’ai encore l’occasion de croiser, rien, nada
silence radio, fini, différentes villes, différents tout, plus rien en commun ou presque

chacun sa vie

il en est où l’accident qui dure dans tout ça?

(pour la relaxation en ces périodes orageuses : http://www.deezer.com/listen-7886896 )

wpid-IMG_7062-2011-06-16-14-29.jpg

Les mots à la bouche

J’ai acheté le dernier Jonathan Coe, sûrement un de mes écrivains préférés – et j’ai retrouvé ça

On dit toujours : « Vous voulez monter prendre un café? » comme s’il était moins pénible d’avouer notre dépendance massive aux stimulants que notre dépendance, si minime soit-elle, à la compagnie de nos semblables.

La Femme de hasard, Jonathan Coe – p.55

wpid-IMG_7006-2011-06-15-01-54.jpg

Trois

J’ai trois étoiles sur le bras

Trois mouchoirs pour m’endormir le soir

- dans ma vie on est souvent trois

Déjà petite, mes deux grands cousins et moi

Un peu plus grande ensuite, H., V. et moi

Je sais pas pourquoi, les trios ça a toujours sonné presque juste pour moi

Il est presque trois heure – et je ne dors toujours pas

Et Dieu inventa… l’historique

Apple c’est un peu mon Dieu à moi, j’ai un problème, je me pose une question et bam! Steeve Jobs entre en scène et me délivre de mes tourments en m’apportant sur un plateau la solution.

Dans la lignée de faut-il garder tous ses emails?, il y a le très bon faut-il garder tous ses textos?
Avant y’avait un choix à faire, mémoire oblige, on se faisait un vrai best-of de nos textos, j’en recopiais même certains à l’encre turquoise dans mon cahier Diddl faute de place pour tous les contenir.
Mais là encore la pomme a frappé : votre cher iPhone vous propose de remonter…. jusqu’au tout début, oui vous avez bien lu, que vous échangiez deux messages tous les deux mois ou quarante par jours, ça restera là, bien sagement rangé dans cette conversation sans fin.

De nouveau : quand est-ce qu’on met fin à ce non-sens permanent?
J’en ai marre de pouvoir relire les textos de l’année dernière.

Faut-il garder tous ses emails?

Privée d’eau pour la matinée (merci les travaux du 1er), je me vois dans l’impossibilité de quitter mon appartement – me voici donc en train de prendre à bras-le-corps mon problème récent d’Outlook.
A la veille d’atteindre le chiffre astronomique de 10 000 messages, je pense enfin à une solution nouvelle : faire des dossiers, archiver, créer des règles.

Autant dire qu’avec plus de 9 000 emails je ratisse large, surtout que j’en avais déjà classé une partie – et au milieu de cet océan de caractères, je retrouve tout un tas de trucs que j’aurais préféré oublier

Et là une question, toute simple : faut-il garder tous ses emails?

On m’a appris qu’il faut toujours tout archiver – cette foutue société de consommation à fait de moi une freak de la sauvegarde, tout est en doublon, partout, sauf évidemment ce que j’ai laissé dans ce disque dur de merde qui a choisi de me claquer dans les doigts (et autant vous dire que la barbe, perdre des sessions Logic entières de trucs pas bouncés ni rien, c’est quand même un peu les boules..).

Alors qu’est ce que j’en fais des messages des amitiés d’avant, des écoles d’avant, des projets d’avant, des DVDs achetés il y a deux ans, des commandes sur l’Apple Store, des demandes de prix de chaton Bengal à naître et des rendez-vous de 2008?
Ca doit bien faire trois heures que je suis dedans et autant dire que j’en peux plus, que j’ai trié, que j’ai un peu jeté mais pas grand chose, quitte à faire des dossiers « mails d’avant », ou « à garder »…

On m’a appris qu’il fallait tout garder « au cas où », alors je garde, parait qu’il faut pouvoir avoir des preuves mais des preuves de quoi?
Une fois l’année passée il n’y a plus que des preuves de rien du tout et pas de papier jaunis entre mes mains…

J’ai rien jeté mais j’ai l’impression de rien avoir gardé non plus – vivement que mon disque dur grille, que ce soit la panique du jaitoutperdu, mondieucommentjevaisfaire et tutti quanti.. et puis rentrera en scène la salutaire sauvegarde.

Ce qu’elle me désolé, cette vie numérique qui n’a pas de fin.

wpid-tumblr_lm2k58PyLQ1qz6f9yo1_500-2011-06-8-14-19.jpg

le panier de crabes

petit à petit je désassemble, je pose chaque chose à sa place et je découvre des mots cachés par d’autres plus gros

on me donne d’autres vues, on m’aide, alors

quand on enlève ce qui prend de la place, ce qui fait du bruit, on épure et d’un coup d’un seul ce qui semblait si brillant la seconde d’avant revêt une couleur un peu passée, terne

il suffit d’une étincelle pourtant – d’une chanson – pour que tout étincelle de nouveau
une sorte de piqûre de rappel – « mais c’est bien sur! je me souviens pourquoi j’avais une telle fascination pour la chose »

les sons et les mots s’assemblent dans un mélange étrange – je n’arrive pas à savoir si tout va dans le bon sens, mais je sais de nouveau qui quoi comment pourquoi, non tu n’es pas folle

quand mes illusions tombent je me trouve toujours con devant mon enthousiasme disproportionné – comme si ça ne le méritait pas vraiment, au fond
ce qui me semblait si enviable me parait ingérable
ce qui me semblait être la façon de faire me parait complètement chimérique et même parfois détestable

en réalité c’est un véritable panier de crabes –

mais j’ai toujours peur de ne jamais réussir à goûter à cette déraison avec de meilleures raisons
(oui bon Dieu que j’ai peur)

wpid-IMG_6900-2011-06-1-00-381.jpg

Le son et l’odeur

Si je me suis souvent fait la remarque, que je suis sensible aux odeurs – je peux rester sur un parfum pendant des heures, le reconnaitre alors qu’il n’est plus là et me laisser ainsi tromper par mes sens, virevolter dans le métro à la recherche du porteur hélas jamais celui qui, pour ma mémoire olfactive, devrait se tenir là

Outre cette sensibilité là, il y a celle toute nouvelle nourrie par nos petits appareils technologiques – le son

Avant – et toujours maintenant – on reconnaissait des pas, une respiration – maintenant on assigne des sonneries de portable et on guette le son

Le son de celui ou celle dont on attend l’appel – je peux sursauter sur un tel boucan et je frissonne encore lorsque j’entends la sonnerie qui pouvait annoncer que la fête était finie à tout moment

Pour éviter la crise cardiaque, je trompe mes sens en jouant pleinement le jeu du numérique globalisé et j’annule l’effet en attribuant une même sonnerie à deux personnes – ainsi je ne fais plus d’apné en entendant le téléphone sonner.


© Copyright 2009 i wish i had the blue . Thanks for visiting!