Glinda
bon, ça fait des semaines que je décroche pas et que je le dis ici entre deux mots – pas trop fort, parce que le bon goût et l’élitisme de la scène indé parisiano-branchouille devrait me faire dire que Glee, c’est de la merde, mais désolé, j’y arrive pas
j’ai envie de discourir sur la reprise du closing number de Wicked, de la façon dont d’un coup, ça a changé ma façon de voir les choses, alors que j’étais au fin fond de la Bretagne et que je réfléchissais encore à si oui ou non je devais me sortir de la situation dans laquelle je m’étais mise quelques jours auparavant avec ma vie à Paris
et puis, d’un coup d’un seul, je sais pas si c’est un signe, je sais pas si je fabule mais y’a eu ce titre, qui intervient lors du dernier épisode de la saison 2 que je voyais déjà pour la troisième fois – et je crois que je n’avais jamais prêté d’attention aux paroles jusque là
pour l’extrait c’est par là
bon ils ont cuté à certains moments, mais l’essentiel est là
y’a un truc dans le texte qui résonne, c’est étrange que ça me touche comme ça, c’est rare d’habitude ça me le fait pas – pas comme ça
ça collait juste à moi à ce moment là, à mon choix, et à ces gens autour de moi qui vont qui partent et qui reviennent
j’ai fait un pas en arrière et j’ai revu, j’ai repensé, et je me suis demandé pourquoi je remettais toujours tout en question
le fatalisme de la chanson, qui n’est pas dans l’extrait, mais qui intervient au moment où ils se posent mutuellement la question « who can say that I’ve been changed for the better? » c’est cette réponse, toujours en duo « I do believe I have been changed for the better »
je me suis dit que moi aussi, je devrais me dire que j’avais été changée, for the better
et à partir de là ça a tout changé

haters gonna hate
je dois dire que je m’en fous
du goût que ça a en bouche, des traces que ça laisse sur les doigts
je cherche désespérément du sens mais j’en trouve pas
j’ai l’impression de faire des efforts, tout le temps, j’ai l’impression de donner de moi
je me casse le nez sur l’absence et le silence et je me demande ce qui a mal tourné
alors je passe la journée à refaire les événements, à remonter la pente que je viens de descendre en courant
pourquoi j’étais partie?
pourquoi je suis revenue?
tout ce qui me parait clair s’embrume au bout d’une heure à peine et dans mon fort intérieur je n’ai que mes yeux pour pleurer lorsque je ne comprends pas
je cherche du sens à tout ça, au rouge sur mes ongles, au rose sur mes joues, à la pluie dehors et à la moiteur de ce mois d’août
je cherche du sens dans les mots qu’on murmure au téléphone, de loin, sans jamais les penser vraiment
en fait je crois que je ne les crois plus
je cherche l’explication, le virage qui rendra les choses claires
je me demande comment sera la rentrée
je me demande ce que sera la nouvelle normalité
si c’est celle d’aujourd’hui, je sais déjà que je n’en veux pas, et me revoici au point de départ, avec mon mauvais choix
what the hell am I doing here?

ici
il est plus tard que tard ici mais je peux pas m’en empêcher, je pense à yaya
ils se sont donnés des surnoms débiles sur lesquels on passe ici mais personne à l’extérieur de se petit cercle ne se dispense d’une petite réflexion « tu l’appelles vraiment comme ça? »
(je devrais dire appelais)
on parle de tout et de rien ici, en fait on parle de rien du tout
c’est comme ça
mais y’a comme un truc plus lourd, comme une atmosphère toujours opaque maintenant
on met des photos de tout le monde mais on a fait attention de ne pas en mettre d’elle – c’est trop tôt – même si ça revient à ne pas parler de l’éléphant qui est dans la pièce
j’y pense tout le temps quand je vois P. un peu moins M., P. parce qu’il avait le même âge que moi quand c’est arrivé
je les revois les quatre filles du docteur March ou tout comme, je les revois ensemble à faire les cons
je revois la légèreté et cette façon de vivre comme si elles étaient invincibles, éternelles
en fait je la revois surtout rire
maintenant ils sont dans un coin – je crois que c’est celui que j’aurais pensé le plus imperméable qui l’est le moins, il a l’air totalement à côté de ses pompes, et pourtant c’est pas lui qu’elle a laissé
celle qui l’accompagne force un sourire à toute épreuve qui commence à corner sur les côtés – bien sur, the show must go on, mais on sent que les traits sont un petit peu tirés
celui qu’elle a laissé tout le monde est très prudent autour de lui, c’est comme si on roulait tous d’un seul coup au pas pour surtout pas se heurter à sa douleur
on se tient là, devant les photos où il y a tout le monde sauf elle, essayant de faire avancer une discussion qu’on a à chaque fois – « et toi, qu’est ce que tu deviens? tu travailles maintenant alors? », la pluie et le beau temps d’aujourd’hui, j’en passe et des meilleures
j’ai du mal à imaginer comment ils peuvent fonctionner quand ils en perdent un
ils sont tellement soudés, tellement ensembles comme j’ai jamais vu d’autres gens l’être, comme personne l’est jamais dans les grandes villes, comme on peut être seulement parce qu’on a grandi tous ensemble
ils sont ensemble mais pas de la façon dont moi je peux l’être – ils sont ensemble sans forcément parler, même parfois pas parler du tout – je me demande ce qu’ils en font, de ce qu’ils ont à l’intérieur
je reviens ici pour retrouver le calme, le familier, le rien ne bouge et le rien n’a changé
je retrouve tout ça, mais il manque un truc qu’il manquera toujours
de l’autre côté on parle trop, je sais bien, ici on parle pas, mais les litres d’alcool viennent témoigner du malaise
moi j’étais loin, j’ai rien vu, du coup c’est comme un mal impalpable – je n’ose imaginer ce que cela doit être pour ceux qui étaient là
tous les souvenirs ou presque de mon enfance sont ici, elle se distille parmi eux
et quand je ne suis pas là, j’oublie
et quand je reviens, ça me saute au visage
elles étaient invincibles et elles sont ressorties brisées, les quatre filles du docteur March
ce soir je me demande comment tout cela est juste possible

Dis, quand reviendras-tu?
ça fait cliché, j’aime pas, mais j’y peux rien, je dois l’admettre
je déteste tous ceux qui écrivent sur leur famille de façon revancharde, fierté mal placée, genre « ouais moi y’a que ma famille qui compte » où on peut ajouter en subtext « pas comme vous bande d’amis en carton »
non c’est pas de ça dont il s’agit
mais je dois me résoudre à le dire…
j’ai pas une famille parfaite, je pourrais pas vous dire que tout y est génial, qu’on est tous liés comme les cinq doigts de la main, qu’on s’appelle tous les deux jours et qu’on est hyper proches
je peux pas dire non plus qu’on fait tous des efforts colossaux les uns avec les autres
mais le truc de base quand même, c’est d’avoir un point de chute, un ancrage
un endroit ou des gens dont on peut se permettre de ne jamais douter, où on sera toujours accueillis
et je dois admettre que le seul véritable endroit pour ça, si je ne me mens pas, c’est bien dans ma famille
c’est le seul endroit où je peux décider la veille de prendre un billet de train et de partir le lendemain matin, le seul refuge
et même si on se parle pas – j’ai déjà dit que la communication c’était pas vraiment le point fort du truc – on m’accueille sans poser de questions
toutes les fois où la vie ne pas pas d’elle même
j’ai prié pourtant, pour que la vie aille un peu d’elle même
j’ai espéré longtemps mais ça finit toujours pareil
et finalement c’est eux que j’appelle
je sais pas comment je me débrouille pour tout me prendre de plein fouet avec une telle intensité – je demande pas grand chose, pourtant, j’ai l’impression, mais je dois pas parler assez fort
à la fin de la journée ça m’écrase d’un coup, et je me demande ce que j’ai bien pu faire
pourquoi tout est si compliqué, dans ma tête, dans mes yeux, dans mes jambes
pourquoi je suis pas capable de faire simple, détendu, et surtout normal
comment je suis passée d’adolescente banale à « ça »?
je me demande souvent si toute ma vie sera compliquée comme ça ou si j’arriverai à un moment ou un autre à calmer cette marée intérieure qui me fout la gerbe
si y’a des pilules contre le mal de mer, j’en ai pas encore trouver contre le « j’ai mal à la vie », pour reprendre l’expression
je suis presque partie, je sais pas quand je reviens, je fais dans les allers simples maintenant, pour l’après, on verra bien..
hasta la vista amigos

Semelles de plomb
y’a quelques mois maintenant – le temps passe vite – j’ai ouvert les vannes à fond
quand on m’a trouvé comme ça on a pas vraiment compris ce qui se passait – on a pris ça pour soi, alors que ce n’était que pour moi
et je peux le dire parce que je me retrouve dans la même position aujourd’hui
mon problèmes c’est pas les autres, c’est moi
je fais des choix que j’assume pas (peut-être parce que je finis toujours par être le dindon de la farce)
j’ai beau savoir, me le mettre dans la tête, je sais très bien qu’au fond j’y crois toujours un peu plus à chaque fois
pourtant voila, démonstration faite, rien ne change jamais, et je me pose beaucoup de questions sur mes choix
relationnels surtout
pourquoi les gens en général me gavent et pourquoi ceux qui ne me gavent pas sont plus instable que la plus instable de tes copines
pourquoi ce sont toujours ces gens qui disent un truc puis laissent couler en espérant qu’on aura oublié parce qu’ils ont déjà couru dans la direction opposée
pourtant je le sais
alors pourquoi? pourquoi moi aussi je suis toujours là?
tout à l’heure on m’a dit « tu sais, les vacances, ça se prévoit » – pourquoi je trouve pas le moyen de prévoir moi? pourquoi, en connaissant les pièges, je continue à nager dans ma ligne droite, sans dévier?
pourquoi je vais pas juste me trouver une fucking alternative?
mon problèmes c’est moi, pas les autres
putain je me comprends vraiment pas, je vois pas comment quelqu’un d’autre pourrait.
et comme je viens de la voir, j’écoute ça… et c’est toujours aussi bien

Je te rappelle
Je l’ai pris très à la cool, le mois de juillet à Paris.
Genre tranquille et tout, des choses pour m’occuper, puis Paris sans les connards de parisiens (mais avec les touristes, je sais pas lesquels je préfère…).
Et puis pluie.
Et puis un peu d’ennui.
Et là, je dois dire que ça me fait plus marrer du tout, juillet à Paris – autant qu’août va pas me faire marrer si ça continue, mais je m’organise.
Ca fait au moins dix fois que j’ouvre l’application parce que j’ai des trucs que j’ai envie d’écrire, mais la faute à Paris en juillet, je la referme deux heures après qu’elle ait tourné en tâche de fond avec sa fenêtre restée immaculée…
J’avais envie de parler des fans ricains, parce they take fanatiscm to a whole new level. Je veux dire, nous, à côté, on est genre méga petits joueurs.
Le fan de base ricain c’est le fan le plus hardcore français.
Je me suis amusée à faire des recherches sur Glee depuis quelques semaines, surtout depuis que « they kissed » est devenu TT sur twitter début juillet.
Les fans sont juste OUFS. Des guedins.
Ils font des créas, des gifs, des montages, des vidéos – ils noircissent des pages entières de caractères pour leurs fanfics qui sont autant sur les personnages de la série que sur les acteurs.
C’est des milliers de pages tumblr, devianart, livejournal, j’en passe et des meilleurs…
Chez nous le fan harcore il achète toutes les éditions, il va aux rencontres/concerts/avant premières… là bas le fan hardcore il va stalker son idole jusqu’à aller vérifier le nom qu’elle a donné à son avatar twitter pour trouver ça « so cute ».
Et puis j’ai (enfin) vu le reportage sur le Stade de France d’Indochine, et je voulais juste dire que j’ai un immense respect pour cet artiste qui, même s’il doit avoir ses mauvais côtés, a lui-même un immense respect pour son public… et c’est suffisamment rare pour le dire. En France c’est le seul groupe qui arrive à m’arracher la réflexion : « merde j’aimerais bien faire pareil quand même ». Total respect.
Paris en juillet tu pues du cul j’en ai marre j’ai hâte que ça bouge ou de bouger tout court, je sais pas encore où, je sais pas encore avec qui (et c’est peut-être ça qui me déprime un peu ce soir).
Ah et enfin je sors de répet et je suis hyper contente de la tournure que ça prend alors je vais commencer à le dire… je fais de la musique et je vais même jouer à Paris fin août… ça se passe là : www.cam-music.com

shizophrénie chérie
elle marche au loin sur le chemin – cherche pas, tu la connais pas
elle marche comme si ce chemin lui appartient – normal, ça fait vingt ans qu’elle vient là
elle comprend toujours pas les deux trois mots d’argots qu’ils lancent à table – elle demande et on lui répond, « ça s’écrit pas, ça se prononce »
elle a ses marques, ses repères
elle fait rire, parce qu’ici, elle est drôle – elle fait partie du paysage même si on la voit pas si souvent
elle change un peu de voix – elle parle plus pareil
d’autres mots sortent de sa bouche sans qu’elle s’en rende compte – elle s’adapte au coin, soupire quand il mouille, et se dit que bah dame, on a connu de meilleurs étés
cette fille tu la connais pas
mais cette fille c’est moi

collections
je collectionne les ambiances, les raisons, les soirées-pizza/tru blood – je les choisis même
j’ose le short dans la rue, alors que je m’étais jurée que jamais au grand jamais je ferais un truc pareil
je tente des trucs, dans mon coin, quand j’ose dire « non »
ce qu’il me fait peur, ce putain de mot, à chaque fois que j’en esquisse l’unique syllabe j’ai les jambes en coton et je me dis que mon « non » va me couper le reste du chemin à jamais – et pourtant je sais que non, mais y’a rien à faire
c’est des cycles, tout ça, me disait-on
passé l’euphorie de quelques jours, tout retombe et les habitudes ont la vie dure – du coup je dis « non », comme pour tenter de les changer
c’est dingue comme on peut vouloir quelque chose désespérément et tout faire le lendemain pour le garder à distance, non je n’ai pas besoin de toi et je ne mens pas, tu vois, là, maintenant, tout de suite, aucun doute
et pourtant…
« pourtant », c’est le mot du jour, toutes les chansons dont le titre est « pourtant », qui amènent un « ta gueule Moustaki! » bien senti au milieu de cet après-midi des plus pesant sous cette chaleur
j’aimerai bien savoir de quoi l’avenir sera fait, juste un peu, juste pour savoir si j’ai des raisons ou non de me tordre les entrailles dès que la vie comme elle vient ne me vient pas franchement

la vie comme elle vient
parfois je me dis que j’ai été arrêtée en pleine course, on a stoppé l’enfant pleine d’entrain pour la remplacer par la presqu’adulte qui n’arrive pas à se sentir légère
et puis on m’a dit l’autre jour que parfois on pense que c’est plus intéressant parce que c’est compliqué à tort
qu’est ce que vous voulez, j’y peux rien, j’ai vraiment du mal à me simplifier la vie
mais je perds pas espoir – je me dis qu’un jour j’y arriverai, à y voir clair et à réussir à me poser le week end dans l’herbe, un bon bouquin dans les mains et des lunettes de soleil sur le nez
je sais que pour ça il va falloir tout changer et pour l’instant j’ai pas vraiment les épaules, je fais de petits pas pour changer de vie mais le grand saut m’attend toujours, enfin c’est peut-être pour cette fois
je me souviens de cette phrase de B. Cantat aux Victoires de jesaisplusquelleannée, il avait dit « si on est embarqués sur la même planète, on est définitivement pas du même monde »
j’ai un peu cette impression ce soir, cette impression de « tout rentre dans l’ordre », des choses comme elles sont supposées se faire
en fait, c’est celle qu’on blâme tout le temps qui avait raison depuis le début, la voix de la raison, ça nous a tous fait bien chier mais au moins maintenant elle pourrait dire « I told you so »
à force de vouloir aller à l’encontre des choses on force de trop et voila ce qui arrive – mais tout va bien tout va mieux tout est rentré dans l’ordre
vers l’équilibre, mais pas vraiment encore le mien,
puisqu’en attendant, j’apprends, à la dure – c’est ça qui me parait un peu injuste, c’est jamais marrant de se bouffer des gadins et souvent je me surprends à rêver de méthodes plus clémentes
et encore une fois je pense aux enfants
je me dis que pour moi c’est pas bien grave, de toutes façons on est parti dedans alors tant pis, je survivrai bien
mais pour les enfants… ça me fait presque froid dans le dos
elle est toute petite, j’étais pas comme ça à son âge, je me prenais pas la vie de plein fouet comme ça
j’étais plus comme sa frangine, j’étais équipée de la fonction bulldozer, j’étais insupportable, j’étais l’enfant roi
j’étais insolente, sûre de moi, je laissais personne me dire quoi que ce soit
mais j’ai l’impression qu’elle, elle est pas bulletproof et j’ai la trouille
j’aimerais bien pouvoir la cacher dans mes bras et la protéger de tout ça
on a pas idée d’être aussi sensible et je cherche en vain une façon d’être là, de montrer, de parler, d’aider
je trouve pas de protection à lui apporter contre la vie
elle va se la prendre de plein fouet, comme d’autres, comme moi, et ça me rend malade
je sais pas comment régler tout ça, surement que je peux pas, mais je sais que je veux au moins être là
même si y’a pleins de fois où j’aimerai appuyer sur reset
j’ai toujours pas trouvé le bouton pourtant ses enfoirés ils ont bien dû le cacher quelque part sur moi
et rejouer la partie depuis le début
avec un peu de chance tout serait complètement différent
(please) stop bitting your fingernails
ça fait des mois que je me dis « j’arrête »
des années que ça me fait un mal de chien quand je vais un peu trop loin
pourtant je peux pas m’en empêcher – à chaque coup de stress, je me ravage les doigts
du coup je prends des résolutions, après coup – une fois que j’ai bien mal
mais c’est pas vraiment la douleur qui me dérange, non, en fait mon esprit de meuf revient au galop :
je voudrais pouvoir me faire les ongles
même foutre de la couleur, du noir, du rouge, du jaune
et même du orange tiens.