Il est même pas tard, pourtant j’ai le mal de crâne de 4h du mat après deux épisodes de In Treatment (je suis pas sure que je vais réussir à la voir en entier cette série, quelle claque à chaque fois, mais putain qu’est ce que c’est bien).

On en a parlé aujourd’hui au bureau, c’est pour ça – y’avait deux bonnes blagues dans l’épisode 16 : « quel est le point commun entre un solo de guitare et l’éjaculation précoce? On sait que ça arrive et on peut rien y faire ».
Et aussi « un petit garçon dit à sa maman : quand je serais grand je veux être musicien. Elle lui répond : tu ne pourras pas faire les deux en même temps mon chéri ».
Les blagues de zikos ça me fait toujours rire.

J’ai eu une drôle de discussion aujourd’hui, sur les choix, sur le stress – je me ronge trop les ongles, c’est pas joli, et ça donne trop d’indications sur les faiblesses de quelqu’un, son stress, son angoisse. J’ai dit que c’était les gens qui me stressaient.
Autour de moi, on me dit les même choses depuis des mois, sur les tenants les aboutissants, le pourquoi du comment, on essaie de m’expliquer ce que je comprends pas. On voit bien ce qui se passe, on met des mots dessus mais forcément je me dis qu’on est un peu aidés – je suis là, moi, avec mes grands yeux, et j’en parle, peut-être un peu trop, et on voit.

Mais là non, c’était quelqu’un de complètement extérieur, avec qui je ne discute pas des détails, jamais, qui ne chope que des bribes, de loin, qui n’a jamais assisté à rien, à aucune scène, qui entend juste mes réponses au téléphone et donne son avis sur quelques titres. Rien de plus, rien de moins.

Et là, clairvoyance totale – d’abord à demi mot, parce qu’il osait pas trop – c’est toujours dur de dire les mots pour quelqu’un quand on en sait pas vraiment s’il se l’avoue – et puis complètement. Les sentences, les même que toutes les autres, le choix inéluctable, comme ils disent dans In Treatment, chaque vie est une constellation de choix, on ne peut pas en vouloir aux autres d’en faire ou de ne pas en faire.
J’ai trouvé ça dingue que quelqu’un qui n’en sache aussi rien, de tous ces détails, de tout ce qu’il ne faut pas dire, de tout ce que je m’épuise à cacher tout le temps ait pu voir si clair – comment il a su, avec mon attitude, le choix des mots que j’emploie, mes larmes aussi – car je ne suis pas dupe, je sais que je n’ai pas réussi à toutes les cacher-, deviner ce qu’il y avait réellement derrière. On est tous totalement transparents finalement, même si on se tue à paraitre le contraire, les gens nous voient tels que l’on est – tels qu’on ne se voit pas.

C’était un peu la douche froide. Et c’était drôlement réconfortant.

C’était pas sain au départ, on peut rien construire de sain si les bases sont pas saines, alors il faut tout couper et partir ailleurs. Et peut-être qu’on y reviendra, différemment. J’essaie de décrocher mais j’y arrive pas – j’ai toujours l’espoir de recommencer différemment, parce que tout de suite, ça me parait impossible, tout ce vide. Je sais qu’il ne se remplace jamais. C’est juste un peu plus de vide à côté du vide qui était déjà là. Ca fait plus de vide. Je me demande si à l’intérieur y’a une surface extensible ou si un moment ça sature – si il y a des gens remplis de vide, et d’autres de trop plein. J’ai toujours un peu le vertige.

Personne ne planifie de te laisser tomber.

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