It’s all you can do – just smile and fake it (GG s02ep07 #passurmaisjecrois)
Il était déjà sept heures, et j’étais en retard – on devait partir à sept heures.
Le petit caviste de la place Nation m’a conseillé son champagne maison, un peu moins cher que la marque, il m’a appelé par mon prénom en lisant sur ma carte bleue – oui merci, la bonne soirée à vous aussi.
A Nation donc, avec ces travaux qui n’en finissent pas et ces quais sans indication de quandestcequilarriveleprochainmetro, un peu comme la grande énigme de tous les parisiens pressés, mais bordel il va bien bientôt arriver ce métro?
Dans le carré à ma droite, quand je m’installe enfin, un père distrait et son fils, petit blond de cinq ou six ans (ou peut-être même moins je sais pas pourquoi, lui j’ai pas réussi à lui donner vraiment d’âge), avec un ballon rouge gonflé à l’hélium dans les bras. Il parlait fort et de façon assez hachée (ok, peut-être quatre ans alors..) et quand il a lâché son ballon, il a crié. Son père, gigantesque, l’a mis en garde : s’il le lâche la prochaine fois, il le perdra. Les joues rouges d’avoir trop couru, le blondinet a hoché la tête et a repris son ballon dans ses bras, arrivant à peine à en faire le tour.
Ils étaient devant moi dans les escalators et en le dépassant, je me suis dit que définitivement, je voulais des enfants.
Plus tôt j’étais entrée dans la station Ménilmontant – le métro ferme ces portes, le prochain sera dans quatre minutes – trop consciente de mon portable dans ma poche qui ne sonne résolument pas (toute la soirée je n’aurais de cesse d’avoir cette impression fâcheuse qu’il ne sonnera plus mais je sais que je m’emporte – plus comme un état second, je sais que là non, je sais que demain peut-être, je sais qu’un autre jour surement), trop consciente des noeuds dans mon cerveau qui n’en finissent pas, et comme pour accompagner ma litanie pas si nouvelle, une alarme, harassante, pendant ces quatre minutes. J’ai voulu en garder un peu avec moi, de l’urgence, de l’en retard, de l’anxieux – peut-être pour une chanson. Ca n’a pas vraiment duré quatre minutes, mais de toutes façons je n’en ai eu que deux (ici).

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Comments ( 1 Comment )
Cédric added these pithy words on mar 21 10 at 10 h 58 minLes deux minutes sont intenses…la fermeture des portes est un grand soulagement ! J’aime !!!
Ah cette subway chronicle enrichie par le son, rends l’immersion et la narration encore plus profondes.
Très curieux d’entendre une éventuelle déclinaison musicale.