J’aime pas vraiment le métro aux heures de pointe, et j’aime pas vraiment non plus le métro aux heures creuses.

Déjà parce que les heures creuses, c’est toujours décevant : on se dit qu’il n’y aura personne et en fait y’a toujours plus de monde que prévu, on se retrouve assis à côté d’une ménagère revêche ou d’un généreux désireux de nous faire partager son dernier coup de coeur musical par le truchement de ses écouteurs à la cons qui laissent beaucoup de son s’échapper à l’extérieur.
Hier y’avait une jeune fille, elle ressemblait un peu à Soizic, une nana avec qui j’étais au lycée de Montreuil et dont j’avais complètement oublié l’existence, jusqu’à hier donc – Soizic-bis (en plus jeune, parce qu’avec ces cinq dernières années elle a du prendre un peu la Soizic) pleurait à chaudes larmes, debout devant les portes du wagon. Ca faisait très pleurs jeviensdemefairelarguer, alors j’avais un peu de peine pour elle – surtout qu’elle s’arrêtait pas vraiment de pleurer. Alors j’ai coupé le son de mes écouteurs à moi (qui, au passage, ne font pas chier mes voisins), et je l’ai observé, la petite Soizic.
Elle avait l’air bien jeune en fait. Et de bien en chier. Bon et puis avec ce froid de gueux, elle avait pas spécialement une allure avantageuse : un manteau bleu marine un peu informe, une sorte d’écharpe rouge, et puis ces joues, plus écarlates que l’écharpe – sans compter les yeux, plus rouges que #FF0000 (geek inside).
Elle est descendue à Strasbourg Saint-Denis – j’étais un peu déçue, j’aurai bien fait quelques stations de plus avec elle.
Evidemment ça n’a pas empêché mon imagination de se faire un film – le temps que j’arrive à l’autre bout de la ligne, et que je l’oublie aussitôt.

Hier matin, je me suis aperçue sur les coups de 11h (après 3h de lutte contre l’endormissement profond) d’une petite entaille, rien vraiment, juste de quoi me picoter un peu – en plein sur l’encre.
Ce qui est drôle, c’est que c’est pile sur la troisième étoile – comme si, dans la nuit, une part de moi avait cherché à l’arracher. Je sais pas si on peut appeler ça ironie du sort – pour la référence, pour le timing, pour tout le reste – mais moi ça me fait tout drôle, cette griffure, là. Surtout que j’arrive pas vraiment à me rappeler comment j’ai réussi à faire ça, et j’ai cette image (mais ça doit être le Shutter Island effect) de mes ongles s’enfonçant dans ma chair pour tout effacer, comme pour hurler – I take it back, I take it back!!

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