Je sais pas dire fait chier.
C’est vrai. C’est un truc qui sort pas. J’ai des parents (adoptifs) pour m’apprendre à dire enculé, mais pas ça fait chier. Ca, ça ne marche toujours pas. Pourtant merde, fait chier.
Parce que oui, après, c’est facile, quand y’a plus personne pour entendre, je pourrais le hurler – après, à l’abri des oreilles indiscrètes. Et moi qui pensait ne plus rien avoir à dire à Paul. La belle affaire – y’a encore un petit tas, là, à mettre en ordre (qui doit surement cacher un autre tas).
Au milieu c’est pas ma place, au bout de la table non plus, comme une petite souris qui se faufile je serais bien allé me jeter par dessus la table – mais ça fait désordre, c’est le combat pour la bienséance, on se tait, on ne dit pas, on laisse faire les autres, on est pas encore là.
Et surtout, on ne panique pas, nononononon. Les événements se répètent, comme avant, on change un peu les gens, une sorte d’upgrade avec tout plein de monde qui vous ressemble pour de vrai, pas comme les autres où c’était pour de faux, et puis en fait ça fait pareil – tu dis ça parce que tu es en colère, je l’entends de là, et j’entends aussi les mots froids, implacables, d’un autre JF (pas celui qui s’est fêlé je dirais pas quoi mais vous avez deviné – oui je passe des soirées d’un niveau incroyable) soit tu souffres tout seul, soit tu souffres en silence, l’adage du maso, alors restons y, serre les dents et laisse faire, parce qu’il parait que demain ça sera différent, ça changera et qu’il faut attendre.
J’ai l’impression que les gens passent leur vie à attendre, le bus, le prochain train, le prochain cours, l’heure où on peut partir enfin, encore un an, juste pour le diplôme, encore une vie, pour voir si en faisant pas de conneries on arrivera là où on voulait – hey, qui sait, p’t'être même qu’on serait plus heureux.
C’est dingue ces soirs où j’aurais envie de tout foutre en l’air.