to make you cry
C’est toujours étrange cette notion de fête à laquelle on assiste pas vraiment, de loin, plus vraiment, mais le coeur y est – on est pas là, on est plus là, on n’y sera plus vraiment, mais on ne désire rien plus que de le vivre soi-même. S’il y a bien une raison de dire merci, c’est bien celle-là : faire naitre l’envie.
Parce qu’il n’y a rien de plus grand, au final, que cette envie là, alors que je contemple une salle aussi sombre que silencieuse, dans le fin fond de la Normandie, entre les tableaux du mari de la baronne. Parce qu’une fois lavée de toutes mes inhibitions, de mes peurs, de tout ce qu’il ne faut pas faire, de tout ce qu’on ne peut pas faire, dire, penser, une fois que tout s’en va ne reste que l’envie, elle – il faut le faire, vraiment, on peut le tenter, l’essayer, on peut l’avoir au bout des doigts et s’il faut se battre, alors qu’à cela ne tienne, je mangerai avec les deux poings. Parce que merde, moi aussi je veux ça, moi aussi je veux aller là bas, et moi aussi je veux laisser les larmes courir sur mes joues de trop de tout, d’émotion, de soulagement, de fatigue, de chance, de musique – et merde, qu’à cela ne tienne, en ce dimanche 20 décembre 2009, je le dis solennellement, je me laisse dix ans – les dix prochaines années, jusqu’à l’aube de 2020, jusqu’à l’année de mes trente ans – pour tenter de vivre ça, parce que si je le fais pas, j’en passerai des années à me bouffer les doigts. J’irai. Et on verra.
C’est dingue comme de l’état de décomposition le plus total sortent les plus grandes résolutions, les éclairs de génies et les vérités éclatantes, celles qu’on garde bien au fond, qu’on ose plus trop dire tout fort, mais qui grondent tout le temps et qu’on s’escrime à faire taire.
Ici, à deux kilomètres de la mer, à des années lumière de leurs terres, à une vie près et quelques décennies, je le dis – je le ferai, là, quelque part, parce que c’est là et que ça ne part pas. J’ai une idée d’avec qui, mais évidemment c’est toujours compliqué alors chut, on dit rien, mais je sais. Et ça suffit.
I hope I’ll see you there.