in the space between – conversations about life
Je me donne des grands airs, mais au fond, je n’en mène pas bien large dans cette grande cuisine vide à 2h15 du matin un samedi soir moins arrosé qu’il n’aurait fallu. Pas faute d’avoir pu, plutôt une conjoncture défavorable – bref, de la mauvaise volonté.
J’ai toujours eu l’impression que tant que certains mondes ne se seraient pas frottés les uns aux autres, tant qu’on resterait sur des « j’ai-dit-que », certaines choses ne seraient jamais réelles, tangibles et ancrée dans un espace temps défini – sûrement que je me trompe puisque même les choses instituées entre les différents mondes se sont cassées la gueule (note pour plus tard : ne pas faire de grandes théories passé 2h).
Je surintellectualise les choses alors je m’embrouille un peu – je crois surtout que ce sont les autres autour qui embrouillent, ils posent toujours la même question, ils voudraient tous y voir autre chose, au dessus de la simplicité et de l’innocence de la chose : surement parce qu’on leur a trop souvent prouvé que rien de tel n’existe encore. Je prie pour qu’ils aient tort.
Parce que je sais que malgré le doute, malgré la gueule que je tire depuis deux semaines et malgré toutes ces questions qui me paraitront absurdes demain matin, je foncerai, toujours dans la même direction, et tant pis si c’est le mur qui me récupère. Parce qu’on le sait tous, on se relèvera, et on courra de nouveau, vers un autre mur. Période.
Et parce qu’au fond, quand je décroche mon téléphone, je n’ai plus le réflexe d’avoir cette question au bout de la langue : mais pourquoi tu m’appelles?
C’est leur boulot, c’est comme ça, il faut me mettre en garde et advienne que pourra, parce qu’ils le savent bien, qu’au fond, je n’en ferais qu’à ma tête – quitte à ce que ça se termine comme les autres fois. Et si ça changeait là? Je ne peux résolument pas louper ça.