Il t’a piqué ta réplique lui, non?

Ce vendredi soir est digne d’un vendredi soir de milieu d’été à Paris : tout le monde et personne partout. D’abord à l’Hotel de Ville, où j’ai enfin pu voir Adam Kesher en live, et malgré les conditions, ça envoie comme il faut…. à revoir mieux donc.
Ensuite à Ménilmontant, chez les bobos, là où on croise Jeanne Cherhal et des anglais, et où on peut s’époumoner à chanter « C’est plus pareil » (la seule qu’ils n’ont pas joué).

Ce soir c’était un peu mélancolique, un peu comme le week end de trop, avec la sensation que s’en est bien fini de ce mois de juillet aussi étonnant qu’inespéré.

J’ai le sentiment persistant qu’une partie de moi est déjà partie, et avec elle le doute de retrouver tout en l’état à mon retour fin août – un peu comme cette diarrhée verbale qui anime ce blog depuis quelques jours. Comme s’il y avait quelque chose à rattraper, j’essaie de me contrôler et de me sécuriser comme je peux, I’m too damn insecure, c’est bien connu, mais j’ai peur de laisser s’échapper toutes ces choses que je ne maîtrise pas, de tout formuler dans des mots et d’aller polluer tout ce qui est mieux quand c’est pas dit.

Y’avait des québécoises qui avaient l’air chiantes de loin, et puis évidemment tous les gens à qui on ne peut rien dire, on m’a parlé de monde parallèles, j’ai juste envie de parler de bon sens, comme dirait B. Cantat, si nous sommes tous embarqués sur la même planète, on est décidément pas du même monde, pourtant on y vit tous dans ce monde, et on fait de la politique, tout le temps, lui parle pas de truc, c’est pas le même monde. Et bah si, et ça fait des courbettes, et en fait ça m’énerve. Mais tant pis, l’âge calmera tout ça, et moi aussi j’apprendrais à la fermer même quand il vaudrait mieux l’ouvrir. J’espère juste que je garderais toujours mon tempérament entier, que j’aimerai toujours pleinement, et jamais à moitié les gens, les presqu’amis, et les amis tout court, ceux qu’on dit pouvoir compter avec les doigts de la main. Parce que sinon ça en vaut pas vraiment la peine en fait : il faut bien mourir un jour, alors autant mourir rempli d’amour pour autrui (ouhhh là on sent bien qu’on est trop tard dans la nuit). J’espère ne jamais en rougir, et pouvoir en être fière, d’abord qu’est ce que ça peut vous faire?
Et tant pis si on ne sait jamais si on aime autant qu’on est aimé – parait que c’est plus chouette d’aimer que d’être aimé. Toute la nuance doit se situer dans la manière qu’on a d’extérioriser la chose – je n’irais pas plus loin, tout est un peu flou à cette heure-ci.

Ah et puis je me suis découvert une nouvelle passion pour La Roux, l’album est juste the bomb, j’ai bien galéré pour l’écouter un peu avant de l’acheter, mais je regrette rien.

Il est trop tard mais on s’en fout, on est en août, en fait on est un peu en vacances, on va partir, quitter Paris, quitter le soleil qui nous chauffe à blanc sur les épaules, la mauvaise humeur et les gens bourrés rue de Rivoli. Tout ça pour aller retrouver d’autres parisiens mais loin de leur habitat naturel, le temps de se faire oublier des autres, et quand on reviendra peut-être que tout sera parti – c’est un peu comme les gens qui disent adorer l’allemand parce qu’on ne sait pas ce que la phrase va vouloir dire avant d’en avoir entendu la fin, moi je comprends pas, j’ai besoin de savoir un peu où je mets les pieds avant de pouvoir partir rassurée.
J’ai tellement la trouille de laisser Paris, que je serais presque prête à passer à côté de mon mois d’août – toujours dans les extrêmes, je ne connais pas les niveaux de gris, trop compliqué pour mon affect tout ça. Et puis faut dire que tout serait plus simple sans ce foutu pressentiment, l’impression que de toutes façons tout est déjà joué : je l’ai pas vu arriver, ça m’est juste tombé dessus – your summer in Paris is over, go look somewhere else kiddo, don’t look back, they’re already gone.

J’écris trop, et trop perso, mais on s’en fout, c’est l’été, personne lit, tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil.


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Comments ( 1 Comment )

oops, merde, j’ai lu quand même (mais oui, je suis gentille des fois)

Miel added these pithy words on août 03 09 at 4 h 13 min

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