Rechute trimestrielle
La scène est un peu grande, avec du recul.
Ca crie pas mal, et la foule est grande. Comme la scène, sauf qu’elle, elle l’est trop. Bref.
Je me demande toujours ce que ça veut dire de grandir. Est-ce qu’on a bien grandi? Est-ce qu’on peut grandir encore? On apprend, ça ok, mais est-ce qu’on grandit vraiment?
Encore le répondeur. Je rappellerais. Sitôt fait, les basses font vibrer de nouveau le plancher.
Dans la même veine, est-ce qu’on change vraiment un jour? Est-ce qu’on peut vraiment se mettre en jachère pendant quelques temps, voire s’éloigner de soi, suffisamment pour remettre en péril ce qui se passera ensuite?
Je me demande juste si ça changera vraiment un jour. Si le pourri fera place à du mieux, et que là où c’est vraiment tout moisi, on arrivera à faire pousser des trucs.
Ce qui est vraiment tricky à propos du changement, c’est que quand on ose à mettre un quart de nez dehors, déjà ça nous a pris du temps et des efforts, on se rend juste compte qu’il va falloir en chier pareil x4 pour sortir le nez entier – et rien que le nez.
Je pense pas qu’il y ait de damaged good au final. On nous leurre complètement avec ça, du genre mais c’est bien, tu as grandi un peu vite mais tu vas voir les avantages que ça te donnera! Et bien non, que dalle, en fait, moi aussi je voulais gerber de la manzana dans les parterres de fleurs de la mère de T, faire des aquariums avec les craignos du coin qui avaient arrêté l’école parce-qu’ils-avaient-16-ans. Et quand j’y repense, heureusement que j’ai pas fait pareil, une fois l’âge fatidique arrivé (pas faute d’avoir essayé). Quitte à regretter un truc, autant prendre les trucs qui avaient l’air si fun à l’époque, et qui le sont toujours surement. Misfit un jour, misfit toujours comme dirait l’autre.
En fait j’aurais pas réussi à me caser là dedans même si j’avais voulu. Peut-être même que ça aurait été pire – comme on dit, on sait ce qu’on perd, mais ce qu’on récupère..
Je fais de drôles d’arrêts sur image récemment. Ca peut arriver n’importe où, avec n’importe qui. Je m’arrête juste et je sais plus comment j’en suis arrivée là, ni si je m’en sortirais. Parce que c’est ce que personne ne nous dit, bah oui on va pas non plus la déprimer trop la petite… mais dans toutes les options, y’a aussi celle qui dit qu’on s’en sort pas.
