C’est comme comme comme…

Derrière le 56 se cachent des souvenirs à peine tronqués, encore bon à rêver d’enfance studieuse et de fous rires devant la Nintendo 64. La plaque, je la reconnais à peine, comme le lieu – on a tellement grandi.
Je ferais donc partie de ceux qui ont sublimé leur enfance.
Derrière le 56 se cachent des chasses au trésor, des promesses à base de diamant enfoui sous les fougères et des rites pas si sataniques – cela va sans dire.
Quand on était pas au 56 on était au 23, et vice-versa, on se disait qu’on pouvait pas mourir et plutôt crever que de grandir séparés – on s’appelaient même en vacances, même de Norvège et même du Pôle Nord, au grand dam de nos parents.
On s’en fichait pas mal des autres puisqu’au fond il n’y avait que nous, nos histoires et nos coups de gueule, et si quelqu’un faisait irruption il virait rapidement, pour nous laisser seul avec notre équilibre précaire mais si rassurant.
Bien sûr, je sublime, rien ne s’est réellement passé comme ça… et pourtant.
Les années passent sans que je puisse me défaire de ce sentiment : et si ?
Et si nous avions grandi ensemble? Et si rien n’était arrivé? Et si tout était comme avant?
En retournant au 56, j’ai trouvé ma réponse : ce « nous » si grand, si présent, tous ces détails et toutes ces questions, il n’y avait pas d’issue – pas d’amitié à la Dawson-Joey pour « nous », pas de vies mêlées, pas d’adolescence partagée. Au fond, on était déjà loin.
Plus rien en commun, c’est faux, plus rien à ce dire, surement vrai – la différence, l’indifférence nous laissent de marbre et on ne se donne pas la peine de voir plus loin.
En sortant du 56 pour la toute dernière fois, j’ai enfin réalisé que je n’avais rien laissé là – c’est comme si cette ultime visite m’avait enfin permis de voir que mes si n’ont jamais tenu la route. Adieu, Petey, et bonne route…
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