Are you familiar with Hell-A Magazine ? Hell no.

Après une douce léthargie suite à l’effort fourni, je prends mon courage à deux mains pour faire le récit de cet après-midi – parce que pour mémoire, je veux pouvoir me rappeler de cette galère ultime à la périphérie (strictement parlant) de Paris.

Aujourd’hui pas de net au boulot. Qu’à cela ne tienne, y’a des papiers à emmener un peu plus haut dans la rue, puis sur le chemin du retour – deux stops donc. C’était sans compter sur Chronopost et leur efficacité légendaire : un troisième arrêt donc, boulevard Ney (vous non plus vous n’avez jamais entendu parler de ce boulevard ? c’est normal, aucune raison d’aller y mettre les pieds, si si j’insiste, aucunes raisons).

Je commence light avec la rue Ballu, deux minutes à pieds, le bureau où je vais porter mon petit plis est assez chouette en plus, les gens reçoivent toujours avec le sourire, en un mot comme en cent : bonheur. Il commençait déjà à faire chaud – j’aurais dû me méfier.
Dans ma naïveté, je n’ai pas rechecké l’adresse de Chronopost, j’avais vaguement vu (puisqu’il n’y a que l’Egde qui passe au bureau – la misère du geek) que c’était au dessus, et que si je prenais le métro Place de Clichy, j’y serais en deux temps trois mouvements, j’avais même prévu mon itinéraire retour – c’est dire.
Oui mais là non. Je ne sais pas si je paie pour des fautes déjà commises (?), où si je paie d’avance pour un bonheur futur (pointe d’espoir), mais tout ce que je sais c’est qu’on a pas oublié de me faire passer à la caisse. Peut-être même que j’y repasse plusieurs fois, juste pour le fun.
Bref. Me voila donc Porte de Saint-Ouen. Comme il faut toujours que je me plante un peu, j’avance trop sur l’avenue – en fait j’étais déjà sur le boulevard Ney, mais je me suis un peu avancée vers le périphérique, histoire de (et surtout parce que j’avais trop peur de sortir mon portable – parano / Camille, 1 / 0). C’est là où on voit la réelle séparation entres les quartiers de Paris. Pas le « là, c’est bourge, là c’est populaire ». Non le vrai du vrai : on s’en fout tellement de votre gueule qu’on n’indique rien. Mais vraiment rien : c’est à peine si on voit le nom de la rue, y’a carrément un gros plantage dans la station de métro pour les sorties. La fête. J’avais déjà une petite idée de pourquoi je ne fréquente jamais, ô grand jamais, ces quartiers là, maintenant je sais pour sûr : c’est le bout, l’endroit dont personne ne se préoccupe, les raclures, les restes. C’est insupportable de désespoir. En face des magasins pour habiller les futurs mamans, les pompes funèbres, alignées. On vous accompagne d’un bout à l’autre.
Je reviens donc sur mes pas pour découvrir que nous ne sommes pas au début du boulevard, mais bien à sa fin, et que la destination espérée se trouve environ 150 numéros vers l’est. La chaleur tropicale qui me fait suer déjà pas mal n’entâche pas mon optimisme, et je vois qu’il y a un arrêt du PC : je n’aurais qu’à prendre la ligne jusqu’à environ les numéros 10-20, et hop, le tour sera joué.
J’attends patiemment le bus une petit dizaine de minutes. Le PC arrive, bondé : ça braille, il fait chaud, et là où on s’entend à ne faire rentrer que deux poussettes d’habitude, il y en a déjà quatre, dans tous les sens. Je me dis « allez, de toutes façons t’as pas le choix, c’est juste pour quelques stations ».
On est tous collés – la joyeuse moiteur des bus parisiens l’été. Merde mais qui prend le bus à 15h30 un jeudi ?! Et bien plein de monde visiblement. L’air saturé par tous les germes possibles et la proximité un peu trop grande feraient paniquer n’importe quel hypocondriaque de base – surtout que le petit vieux assis derrière moi tousse. Je garde mon sang froid le plus possible (inutile de dire qu’au bout de deux stations c’est cuit). Je finis par descendre un peu n’importe comment porte de Clignancourt, je me dis que je vais finir à pied. Quelle erreur n’avais-je pas fait là! Me voila le long d’une quatre voix, sur un espèce de trottoir version sable (goudronner c’était trop demander ?), seule, sous le cagnard, à ravaler ma rage et mes angoisses, et trempée pour arranger le tout.
Le bureau de poste de porte de la Chapelle ≠ une agence Chronopost. Ah bon. Autant pour moi. Il me dit vous continuer sur 500 mètres. J’étais à deux doigts de sauter dans le premier métro pour un retour vers la civilisation – mais non, j’ai tenu jusque là, je tiendrais jusqu’au bout. Je traverse donc la Porte de la Chapelle, me retrouve sous un espèce de pont et au dessus de moi passe le RER, je me dis que je suis fichue, que tout est perdu.
C’est un peu par hasard que je trouve le n°13 (ça aurait dû me mettre la puce à l’oreille), que je me farcis l’ascenseur pour être reçue au 3e par une blonde à peine aimable. Je signe mon chèque pour la douane (oui, encore une autre galère tiens, je pourrais presque commencer une série « les malheurs de Camille« ), prend mon paquet et retourne vaillamment vers le métro.

En quelques stations, je retrouve enfin la civilisation, puis progressivement mon chez-moi – où une douche de circonstance m’a accueilli à bras ouverts.

Je ne sais pas comment je fais pour galérer comme ça – ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres – j’espère juste que je paie pour un truc vraiment chouette. Le genre de truc qui a inspiré le « bonheur d’expression » de Sagan. Comme un accident qui dure.


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Comments ( 2 )

désolé mais je ris… seulement parce que ça m’arrive tout le temps.

charles antoine added these pithy words on juil 03 09 at 3 h 50 min

Voilà pourquoi je ne supporte pas de sortir de Paris au point d’en faire des poussées d’urtiquaires. Ce type de no man’s land devrait être interdit ! Moi c’était pas la poste mais un commissariat … un vrai bonheur …

Lolitanieneblog added these pithy words on juil 03 09 at 19 h 08 min

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