Happy Father’s Day

Dans la douce lutte pour rentrer dans le rang, redevenir un animal social et se mêler aux autres, il y a l’étape de l’ouverture à un tiers (se matérialisant sous une autre forme que celle d’une feuille de papier d’un blanc immaculé), phase que je rejette obstinément depuis plus d’années qu’on ne peut compter à une main.
Le peu de fois où cela arrive, généralement parce qu’il n’y a plus d’alternative possible, on se retrouve à la fin d’une soirée, le noir a été broyé, rebroyé et débroyé, on a passé la journée à se dire qu’on se sentait comme une merde, et on a plus vraiment le choix – la simple question « ça ne va pas ? » suffit à lancer le flot sans qu’on ait de véritable moyen de l’arrêter.

Le lendemain, ça parait déjà plus simple. Une partie du poids s’est envolé avec l’eau et on se dit que cette confession nocturne n’a fait que renforcer le lien, qu’on en est sorti grandi – peut-être pas plus proches, mais au moins, les choses ont été exprimées, dites.

Puis arrive enfin la raison pour laquelle je ne fais pas ça d’habitude : le pouvoir libérateur de la chose à un effet secondaire des plus désagréable – il nous rend vulnérable pour l’autre. C’est donner le bâton pour se faire battre, ouvrir une brèche et la laisser béante, prête à nous investir pour tout pourrir de l’intérieur.

Je cherche encore une solution.

 


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Comments ( 2 )

-10 % sur les barbecues !!! <3

C’est marrant hier, j’aurais voulu lire ça.
C’est vrai je suis venu sur ton blog , et je voulais lire un de tes posts dans ce style.

Je veux dire d’habitude, je me retrouve un peu dans tes écrits, étranges hasards, dans le temps ou les choses se passent. Ou peut être simplement que comme pour les paroles d’une chanson, un méchant automatisme interne adapte le texte à la situation. En tout cas, ça, c’était hier.

D’un coté, c’était plus un au revoir qu’autre chose. Mais j’ai pas eu droit à mon « ca va pas » … et je crois que j’aurais aimé l’avoir.
Parce que ça a beau être desagréable le soulagement est là !. Moi j’ai eu droit à un « A bientôt :) ! » auquel ma langue a immédiatement répliqué un formidable « .. ou pas… » du plus bel effet :/.

En rentrant je n’ai fait que pensait à ça. Qu’est ce qui m’a fait dire ça. Un « ca va pas ? » aurait était tellement plus simple. Je doute du flot dans mon cas…mais simplement un grand soulagement plutot que de restrer frustré en attendant que cette frustration s’évapore avec le temps.

Bref tout ça pour dire…la vulnérabilité, elle est pas déjà plus ou moins présente avant ce fameux moment ?

cédric added these pithy words on juin 22 09 at 2 h 47 min

Justement je ne crois pas.. on ne devient « atteignable » qu’une fois qu’on a eu ce moment de faiblesse – qu’on a été vulnérable. J’aime à penser que cette phase est inutile, qu’au fond, on peut se suffire à soi-même dans ces moments-là. Je sais aussi que c’est faux, et que malheureusement quand le retour tant redouté arrive – parce qu’on a forcément choisi la mauvaise personne à ce moment là, puisqu’il n’y avait qu’elle – on s’en mord vraiment les doigts.

Prendre le risque d’être vulnérable, c’est prendre le risque d’être touché – je ne suis toujours pas sûre que le jeu en vaut la chandelle.

Cam added these pithy words on juin 22 09 at 3 h 10 min

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