L’orage
On nous apprend très tôt à rentrer dans la norme – les émotifs. Il faut se restreindre à un pannel d’émotions raisonnables, se tenir en public.
On nous apprend à être indépendant – ou pas – et à surtout devenir hermétiques aux états d’âmes des autres. C’est un peu comme le spray que ma mère répandait sur mes vêtements ou mes chaussures neufs avant l’automne : on s’imperméabilise.
Plus on est loin des autres et de ce qu’ils ressentent, et plus on se protège. On a tous une copine (et alors on l’excusait) ou une camarade de classe (dont on se moquait) qui l’était trop – émotive – et, le plus souvent, qui pleurait pour un rien. On s’en détachait de loin, elle (puisqu’il était rare que ce soit un garçon..) était qualifiée de fille sensible, et on s’en détournait comme si au fond, elle n’avait pas grandit comme nous.
C’est bien évidemment un leurre, puisque derrière tous les rideaux, se sont les émotifs les plus perméables – et les plus vulnérables.
Alors ne croyons plus qu’on peut les épargner, leur appuyer un peu trop sur dos, les laisser se fragiliser. Ils sont plus forts qu’ils ne le croient, c’est certain, mais la patience a ses limites – un peu comme le spray.
