Family Business
Sur le trajet du retour, on discute de la tante dont l’Alzheimer n’est pas près de s’arranger, de toutes ces choses qui nous font sourire malgré la situation, du dernier appareil qu’elle a acheté et dont elle ne sait pas se servir ou de la gelée royale conservée religieusement dans un placard, parce qu’elle en a acheté tellement qu’on ne sait plus trop quoi en faire.
C’est mon angoisse (enfin une de mes) principale : oublier les choses.
Ma grand-mère est quelqu’un de plutôt ouvert. Elle ne comprend pas trop pourquoi j’ai voulu mettre de l’encre sous ma peau, mais ne s’offusque pas, pose des questions, cherche à savoir la raison de ces comportements là qui lui sont étrangers.
On a fait du small talk avec la tante, l’art du vrai small talk, qui me parait tellement plus facile maintenant – c’est surement l’âge. Elle veut absolument me donner des livres. Je ne comprends pas trop, mais je la laisse faire, et je la suis, le long de la bibliothèque. Elle s’arrête sur un livre, en lis le titre et me dit « il va falloir y penser » (c’est la photo plus bas). Ma grand-mère et moi ne pouvont réprimer un fou rire.
Sur le retour donc, on en vient à parler de l’ex d’A., qui a récemment fait son coming-out – oui, à la campagne, pour de vrai. Encore une conception du monde qui lui est un peu étangère. Alors, comme toujours, elle questionne : et toi, tu as des amis homosexuels ?
Je lui réponds que oui, et je souris – mais nous sommes déjà arrivées.
