…en Vendée
Il faisait beau ce matin, alors je me suis dit qu’après ces jours de pluie, je pourrais enfin mettre ma jupe en jean. J’ai quitté la maison chargée comme une mule, et j’ai mis un moment avant de trouver un semblant d’équilibre pour porter tout ça (c’est bien les nanas ça, qui a besoin de deux sacs et une guitare pour quatre jours ???). Il faisait beau, il était tôt dans mon horloge biologique, et je me disais que je me sentais bien : j’allais changer d’air.
Avant de partir j’ai repassé des images pas vues depuis deux petits mois – encore et toujours la même impression, le même ressenti. Et merde. Tant pis.
Dans le train j’ai dormi. Un peu. Au départ, je sais pas pourquoi, ça m’angoissait presque. Et puis je me suis souvenu de deux jours avant, au Monoprix : un client, à la caisse, s’était rendu compte qu’il avait oublié un sac contenant je-n’ai-pas-bien-compris-quoi dans son panier. Evidemment, depuis, le panier était déjà reparti dans les mains de quelqu’un d’autre. S’en est suivi une longue répétitions de phrases (oui parce qu’une fois qu’on avait dit « bah aller voir à l’entrée là où il y a tous les paniers » et « sinon allez voir à l’accueil, si quelqu’un l’a trouvé, il l’a forcément amené à l’accueil » et le monsieur de répondre « nan mais si quelqu’un l’a trouvé, c’est foutu, c’est foutu », y’avait plus grand chose à en dire…), et du coup ça a ralenti toute la caisse. Le pire, c’est qu’entre la caissière, la cliente prise d’une soudaine empathie et le monsieur qui avait perdu sa poche (oui, ici en Vendée, un sac on appelle ça une poche), je suis sure que ça leur a fait leur journée, cette histoire d’objet perdu. Et c’est à ce moment là, ce moment précis où j’avais encore mes écouteurs dans les oreilles (oui parce qu’une fois que c’est mon tour, je les enlève quand même..), que je me suis dit que c’était trop. Paris, toujours plus vite, pas assez vite, trop vite.
Alors le bol d’air semblait le bienvenu : une vraie coupure, quelques jours hors du monde (mais avec une connexion internet… je suis pas folle ;)), à faire la navette entre l’Intermarché fraichement refait et à buller devant Californication et la tonne de film qu’il fallait absolument que je vois il y a déjà quelques mois.
Il y a toujours de lieux où on se sent profondément safe. Ca vient généralement avec le sentiment qu’on ne doit pas toujours paraitre sous son meilleur jour, que si aujourd’hui je me maquille pas, que je ne mets pas le masque, personne ne verra, et personne ne s’en inquiètera.
Ce lieu est à la fois le bout du monde et la connexion vers les racines, la famille, le calme. Le seul lieu qui n’a jamais bougé, pendant toutes ces années. Les même personnes – qui vieillissent, certes – mais les même.
J’ai l’impression que tout est nouveau autour de moi en ce moment. Je ne sais pas encore si ça signifie que j’ai enfin rebooté le système. Je vois les gens différemment, la vie aussi parfois, et plus souvent, j’essaie de me voir différemment. C’est vraiment pas facile, et je galère vraiment sur ce point là – mais plus j’avance, plus je me dis que j’avais peut-être perdu espoir un peu vite. Et puis, quoi qu’il arrive, on aimera toujours croire aux belles histoires.
Je me dis trop souvent que j’aimerais ne plus être bouleversée comme ça. Et puis la fois d’après.. je me dis juste que j’ai de la chance. De la chance de me sentir vivante. Dans neuf jours, j’ai vingt ans.
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Comments ( 1 Comment )
Une bonne défragmentation avant les 20 ans !
Un petit rite qui va surement bien te faire sentir ce cap.
Profite , j’arrive toujours pas à croire que j’ai déjà eu 22 ans il y a même pas 10 jours… et j’ai toujours pas conscience d’avoir passé ce fichu cap du 1X pour le 2X… :/Nb: Au fait tu avais raison, les Fantasies de Metric sont vraiment bonnes ! Gros coup de coeur pour Sick Muse.
Defragmente toi bien, bonne vacances ;)