Heart of Glass
J’oublie toujours la violence de la chose, la violence de l’image, la force du souvenir. Tous les sentiments ressentis un jour ressurgissent toujours, et on oublie qu’on avait pu ressentir ça. C’est d’abord dans la gorge pour descendre au niveau de la poitrine en haut, comme si tout un espace était occupé. On ne sait alors plus très bien ce que l’on ressent, on sait juste que c’est là, que ça a toujours été là et que ça le sera toujours. Toujours toujours toujours. Alors que plus jamais plus jamais plus jamais.
Avec les choix que l’on fait, on perd le droit d’écrire des mails, lors d’un dimanche calme de mars, alors qu’on l’aurait fait deux mois plus tôt. Et alors le sentiment réapparait, accompagné du vide. Je suis toujours un peu grise de cette impression bizarre, que oui, celle qui est sur mon écran est également en face de moi, me demande comment je vais, et fait finalement partie du paysage. C’est toujours drôle les différences que créent les médias. A quel point une personne peut en être plusieurs à la fois.
Je me divise, ces derniers temps, j’ai l’impression de vivre plusieurs vies dans une journée. Quand je vais en cours, que je repasse par le bureau, que je vais écrire, perdue dans le Marais, et que finalement je me retrouve à Beaubourg, en plein soleil.. pour repartir à un concert d’Holden. Combien de vies dans une journée ? Combien de personnalités différentes à combiner ? Comment contraster entre ce foisonnement culturel et le calme plat d’un dimanche ? Qui, nous le savons bien, n’est qu’un peu de répis avant la semaine, qui recommencera, inlassable, demain.
C’est fou comme, quand tout bouge autour de moi, je n’aspire qu’au calme et qu’au silence. Et comme dès que tout se pose.. je n’ai qu’une hâte : que ça reparte.
I would give my right arm to look like that.
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Comments ( 3 )
cédric added these pithy words on mar 22 09 at 21 h 59 min» C’est fou comme, quand tout bouge autour de moi, je n’aspire qu’au calme et qu’au silence. Et comme dès que tout se pose.. je n’ai qu’une hâte : que ça reparte. «
Comme d’habitude ta plume m’a encore frappé… Ce qui m’effraie c’est à quel point je peux comprendre ce comportement paradoxal en ce moment.Du moins je cherche à comprendre… Pourquoi un éventuel état d’équilibre semble s’éloigner de plus en plus, pourquoi ne cesse-t-on de jongler entre toutes ces petites vies ? Where do we go from here ?
On a vraiment de quoi finir skyzo avec toutes ces vies dans nos vies, nos alter egos virtuels… Il y a surement un fond de vérité dans ce qu’elle dit. C’était peut être beaucoup plus simple « avant ».
Mais bon là encore j’ai beau me plaindre… mais j’aime tout ça.
charles antoine added these pithy words on mar 24 09 at 0 h 22 minc’est dingue cette manie qu’on a d’échanger ses bras pour un truc impossible…
Cam added these pithy words on mar 24 09 at 0 h 37 minC’est peut-être parce que j’aime pas le chocolat… je n’ai donc pas peur du vieil adage « pas de bras, pas de chocolat ». Et puis c’est sur, ça serait con de plus avoir de bras si on arrivait à obtenir ce qu’on veut… là, on aurait l’air fin.