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Karma / les gens / espace temps / pourquoi fait-on des enfants ?

Je n’ai vraiment plus de temps en ce moment, et c’est le (tant attendu) retour des beaux jours, alors tout se bouscule..

Je crois au karma. Au juste retour des choses, à la signification de chaque geste. Je ne dis pas que j’y trouve du sens, mais je crois que ça finit toujours par arriver. J’ai envie d’y croire parce que si je ne le fais pas, je ne trouverais plus de raisons à pourquoi je fais certaines choses, en dépis de tout ce qu’on peut me dire. Que tout ça, ça finira par payer, et surement pas de la manière dont je pensais, mais c’est la variante qui en fait tout le charme.
Tout autour de moi a l’air de tourner autour de ça en ce moment : le karma, le retour de karma, un peu comme les gens, qui vont et vienne, accompagnés de leurs fantômes. Parfois même, ils s’en détachent un peu, et reviennent sur ce qu’ils ont pu dire. Loin de la rédemption, on transfert, sur un autre niveau, ce que l’on savait bien. Je n’ai pas encore décidé si oui ou non j’étais d’accord avec tout ça. Je suis toujours démunie devant tout ce subtext, mais plus si ingénue, alors même si je redeviens l’enfant expansive que j’étais avant, je garde la distance de sécurité et balise un peu mieux le terrain avant de sauter à pied joint – il y a des chutes dont on met trop de temps à se relever.

Je suis dans une de ces périodes où je recroise des gens, au hasard, dans la rue, que je n’avais pas vu depuis des mois / des années. Qu’ils me voient ou pas, qu’on échange deux trois mots ou non, c’est toujours très étrange ces périodes là. Ca m’arrive par vague, ça dure une semaine voire plus, et après plus rien pendant des mois. Je me demande toujours comment on fait pour se retrouver au même endroit, au même moment. Quelle part appartient à de la pure coïncidence et quelle part serait juste issue d’un déterminisme dont on est tous un peu sujet. Sans tomber dans un discours fataliste qui serait trop poussé pour ce genre de situation, c’est trop ramassé et fréquent pour passer à côté. Tout à l’heure, dans le métro, je croisais cette fille qui était au collège avec moi, avec qui je n’ai pas partagé de cours puisqu’on a en fait deux ans d’écart, mais avec qui d’autres choses se sont jouées. J’aurais pu croiser n’importe qui d’autre de sa génération et ça n’aurait eu aucune importance. Mais c’est justement ces gens qui ont été important à un moment donné qu’il est si dur de recroiser. C’est à la fois étrange et rassurant de se voir de loin – finalement, on vit tous notre vie chacun de notre côté, et tout ce qui me semblait indispensable avant me parait bien dérisoire aujourd’hui. Comme si je mettais un peu d’ordre dans ma tête et dans tout ça.

Il y avait un nombre de freaks impressionnant dans le métro : des mamies fans de pierres au jeune homme casquette vissée sur la tête, avec le visage difforme comme s’il avait pris trop de coups et qu’il en était ressorti tout cabossé et les veines saillantes sur ces bras. Il ne me faisait pas peur, et ne mettait même pas mal à l’aise. Il était juste étrange, différent. J’ai l’impression que j’appartiendrais toujours à la famille des freaks, à ma façon. Que je ne serais jamais juste comme tout le monde, dans le bon sens du terme. Je ne sais pas si c’est mieux ou moins bien. C’est surement juste différent.

Avec une tendance agoraphobe assez prononcée, j’ai joué la kamikaze et ait fait le marais hier après-midi (alors qu’on sait tous que le samedi après-midi, il ne faut SURTOUT PAS fréquenter ce genre d’endroits, où généralement les trottoirs ne suffisent plus à canaliser tous les parisiens et autres touristes adorés) et le Salon du Livre, porte de Versailles, ce matin. Au moins j’ai eu le bon sens d’y aller vers 10h30 (mais bon dieu que c’est tôt pour un dimanche matin!!), et de partir avant 14h, alors que l’affluence commençait à devenir insupportable.
Un débat avec Nancy Houston et la femme de Lionel Jospin (qui ne s’appelle pas madame Jospin, sinon j’aurais retenu son nom) et deux autres penseurs, animé par le magazine Philosophie, portait sur la question Pourquoi fait-on des enfants ?
Les réponses et les réflexions sur le sujet sont aussi vastes qu’intéressantes, à l’heure où on est sensé pouvoir, dans les pays occidentaux, avoir le choix d’avoir des enfants ou non. En famille hier soir, pour l’anniversaire de Lou entre autres, j’ai repensé à sa naissance, dont je me souviens peu, sept ans plus tôt. Comme cet enfant, si grande déjà mais si petite encore, avait évolué sous mes yeux, et comme ça serait encore plus marquant pour sa petite soeur, que j’avais dans mes bras à la maternité il y a deux ans et demi et qui vient aujourd’hui se lover dans mes bras pour me parler de sa poupée. Je ne sais pas pourquoi on fait des enfants, mais je sais pourquoi j’ai envie d’en avoir.


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