Help, I’m alive

(cliquez, c’est juste.. je n’ai pas de mot! Magnifique, ça fait débile, terrible, on sait jamais dans quel sens.. c’est vraiment bien, ça suffit ?)

Mes muses sont un peu partout, je les oublie assez souvent, mais c’est leur rôle qui veut ça : juste souffler quelques mots, quand il faut.
Ce soir aux césars, je regardais Charlotte Gainsbourg, et je repensais à ces « icones » qui nous construisent. Au fond, cette actrice a toujours fait partie du paysage pour moi. Et elle incarne quelque chose de tellement palpable : elle n’est pas parfaite, n’a pas la beauté plastique de Monica Belluci pour ne citer qu’elle. Elle est juste jolie, et elle a cette présence incroyable qui fait qu’on la regarde et qu’on se tait. Elle paraît humaine, elle n’est pas magnifiée. Non, Charlotte est juste jolie. Et on s’appelle Charlotte, et on sait tout de suite de qui on parle. Elle fait partie des gens normaux, pas de tous ces paumés du show biz.
Charlotte Gainsbourg, c’est cette icone qui nous fait encore croire qu’on peut ne pas être le canon de beauté qu’il faut être pour exister aux yeux des autres et toujours avoir la possibilité de détenir autre chose, de beaucoup plus précieux. Elle respire les qualités et les défauts humains, elle a su faire de sa rareté un atout contre tous les autres. Au lieu de se montrer, elle apparaît.

Au milieu d’une impro assez édifiante, Dustin Hoffman a développé l’idée qu’on a tous à l’intérieur de nous un cadavre, qui est tout ce qu’on pourrait être mais qu’on ne sera jamais, et qu’à tavers le cinéma (si j’ai tout compris, il faut dire que la traduction laissait à désirer..), on faisait vivre ce corps mort, et on devient ce qu’on ne sera jamais dans la vraie vie. On se transcande quelque part.
Outre le fait que je trouve l’idée belle et émouvante, le fond du propos est pour moi une illustration de ce que fait l’art. A quoi ça sert, alors qu’on nous pose trop souvent la question, en philo au lycée, puis dans nos études supérieures si on choisit de s’orienter vers des études artistiques. Les films, la musique et l’art en général, ça sert à ça : à se transcander, à entrevoir tout ce qu’on ne sera jamais mais qui vit, quelque part, au fond de nous, puisqu’on arrive à le ressentir. L’art, c’est le révélateur : tout est là, en nous, depuis le début, mais sans les muses, rien n’est possible.

C’est ça qui me plait quand je vois Charlotte Gainsbourg, ou quand j’écoute le dernier single de Metric (si vous ne cliquez pas cette fois ci!) : l’émotion. CG transpire d’émotions, et c’est, de loin, son hommage à Claude Berri qui aura été le plus émouvant ce soir – sa voix, si particulière, qui se brise, et des sanglots pleins les yeux, avec ce sourire mutique.
Elle a vingt ans de carrière. J’aurais vingt ans dans un bon mois. On grandit avec nos muses, parfois on les approche, et même si elles ne savent jamais quel impact elles ont eu sur nous, je ne désespère pas : parce qu’au fond, on le porte tous au fond de nous.

 


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