Y’a d’la haine
C’est elle. Non ce n’est pas elle.
Un dernier bal organisé, une entrée en la matière glaciale. Et puis une chaleur, pendant deux heures.
Ces cheveux longs, trop longs, ce regard perçant, presque pour nous dire que ce n’était pas aussi facile que ça en avait l’air.
Etre tiraillé entre le malaise et l’ambiance.
J’ai toujours eu du mal avec les « dernières », les « plus jamais ». Remonter sur scène et y faire son deuil, une magnifique preuve d’amour et un grand courage. Pour faire « comme il l’aurait aimé ».
Son ombre qui plane sur chaque note. Elle qui n’en fait pas une fausse. Son jeu, partout. Comment arrive-t-elle à faire face à celui qui le remplace ?
Et toujours, dès que je la vois, c’est cet autre « elle » qui ressort. Puisqu’elles n’ont fait qu’un, un jour. Et parce que la ressemblance est tellement frappante, presque trop évidente. Comme si quelqu’un oeuvrait en secret avec un drôle de miroir. Et Dieu que c’est troublant. D’autant qu’il y a cette douleur dans ses yeux, que je transpose inconsciemment dans ses yeux à elle.
Je n’ai fait aucune obsession sur eux, comme j’aurais pu l’an dernier. Je pense avoir été sincère quand j’ai prétendu ne m’intéresser qu’à elle pour ce qu’elle était, pas pour ses parents, ni pour n’importe quoi d’autre. Mais que faire quand ce sont eux que je vois ?
Je reste dans le flou artistique le plus total. Devant moi défilent des images, j’essaie de leur trouver un sens. J’ai du mal. Sa disparition renvoie à celle que j’ai vécu, forcément. Surtout que ça lui soit arrivé à elle. Je ne sais pas quoi en penser..
C’était une vraie leçon, niveau performance. Pas parfait, mais très authentique, très live, avec les tripes. Comme on aime, en fait. Comme on voudrait pouvoir faire. Maîtriser à un tel point qu’on peut se permettre de prendre un temps à côté, de jouer avec ses propres notes.
Qu’en retenir ? Mais la mort, c’est comme une chose impossible..