the beautiful people

sans vouloir tomber dans l’overdramatique, je perds assez régulièrement foi en les gens

faut dire que si on jauge en fonction de la tronche que tire le parisien moyen, y’a de quoi se demander où on va, question espoir

et puis, y’a d’autres gens, qui viennent d’on ne sait pas trop où, on les avait pas vraiment vu arriver, là, cachés derrière d’autres qui prenaient jusqu’à présent toute la place

ceux qu’on avait pas regardés avant, peut-être parce qu’on avait l’impression qu’ils nous ressemblaient moins de prime abord

d’un coup c’est un peu comme une révélation, merde, tout comme moi, et ça doit le faire à plein de gens – comme on dit, je ne suis que moi, perdue au milieu de l’interweb

plus je lis, plus je découvre, plus je me reconnais là bas dans des parties de l’autre et plus je mesure l’ampleur de son awesomeness, plus je reprends un peu espoir

ils existent vraiment, ces gens-là, bien cachés, mais ils sont là

c’est la faute à ça, on oublie parfois :

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all. the. time.

I have little scratch marks all over my hands and arms – I bruise easily, so it doesn’t help.

I’m not really clumsy – at least I don’t see myself as a clumsy person. Let’s just say that I’m always rushing so I bump into things all the time.

Sometimes I would ever wake up with a new graze – I used to have one across one of my tattoo and I remember thinking it had been a way for my body to say « I take it back », metaphorically though (I wouldn’t take them back, not that it is possible anyway).

I just don’t take the time to avoid obstacles. I run into inanimate objects when I forget it’s there and I end up with more marks than I should have.

I always have to remind myself to slow down, that there’s not rush (there usually is one because I’m always late).

So I’m trying to find ways to trick my mind – force myself to get to sleep, speak another language, play music a little louder.

Going down some imaginary path.

God, I’m scared, like, all. the. time.

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hope that something pure can last

I fell in love soooo many times

I have all these letters on my bed, my journals, even a few short stories

I used to write (I used to write letters, I used to sign my name.. I used to sleep at night – x)

I had so many correspondence over the years

we used to write each others letters with my best friend from the age of 8 to 13

after that, every time I tried to reach out to someone that seemed out of reach, I would write

I’m too old now to do so with the same naivety

I wish I could, writing can solve so many things and it’s so easier

all around me, so many letters – sometimes I just wish the internet would still be a distant dream and I’d just wait eagerly for an envelope in my mail box

ten years ago and it already feels like it was another life – I can’t wait to escape this one too

now our life are changing fast – hope that something pure can last

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je crois que j’ai tout dit – mais c’est vrai que en ce moment j’y arrive pas

childhood hurts

j’ai trouvé une page web avec des photos

pile une semaine après avoir croisé un fantôme du passé chez simply

le lendemain d’une « ten years réunion » aussi painful que libératrice

c’est juste une page web, avec onze photos et un petit texte

un aperçu de ce que j’appelle « la vie normale », aka ce qui aurait pu m’arriver aussi si je n’avais pas bifurqué avant

j’ai retenu quelques larmes devant mon écran et je suis allée marcher

à l’occasion du déjeuner dominical dans la demeure familiale je suis allée réouvrir ma boîte en métal où je range toutes mes lettres

there are so many letters

il y a ses mots, enfantins, maladroits

on s’en mettait plein la gueule, par lettre (et je donnerais cher pour relire les miennes)

il a une façon d’envoyer chier my thirteen-years-old-self qui me provoque un petit pincement

et cette petite phrase « Mais nous deux je croit qu’on est 1er sur le contact. ou qu’on soit on arrive à se joindre. »

(it gets me every single time)

ce qui est terrible c’est que j’ai renoncé à tout ça – mais même après l’avoir accepté, il me faut quand même renouer avec la gamine que j’étais il y a dix ans, avant de pouvoir partir, pour de bon

Dieu que l’hiver sera long

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how do you sisterhood?

Did you realise how rare it is to really connect?

I mean – I don’t say that in any negative way just to disparage my current frienships – but why is it so hard to connect with one another?

I know that’s the reason why we have friends on one hand and accointances on the other – actually my choice of words doesn’t suit the meaning perfectly, and surprinsingly enough (for me anyway) french will help there – c’est l’opposition d’amis à copains.

On dit tout le temps que des vrais amis on les compte sur les doigts de la main – je trouve l’idée quand même un peu étrange, alors qu’on passe tous notre temps à essayer d’atteindre l’autre, en permanence

how come we succeed so rarely?

i get bored, so easily, and even if i connect, it’s so complicated – and as soon as i’m writing this Bashung sings « la unit je mens » – signe que je devrais surement m’arrêter là

i know i feel too much – i know i shouldn’t let myself get carried away by such a simple assertion

i just wonder how i expect it to be different some place else

i guess it’s not about how other people connect but more how i am making myself unable to connect – and maybe this will only change some place else

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i never thought i could drift so much apart from people i share blood with – i know it’s a silly thing, the blood talk

even if nothing else matter at the end of the road

but the thing is, i never thought it could happen to us – let the physical distance draw a line

i know it was supposed to, at some point, ’cause people live their lifes and when you’re not physically close soon enough you’re not even ‘there’ anymore

i just never thought it’d happen to us, the Brontë sisters

the dance studio

c’est chaque semaine la même rengaine

j’hésite, je me tords sur moi même, je me cherche des excuses – j’ai la trouille

c’est toujours comme ça lorsque l’on va faire quelque chose qu’on ne maîtrise pas, en public, devant les autres

j’ai la trouille alors j’y vais un peu à reculons – je prends du retard, je veux finir de lire cet article sur internet même si ça va me donner trois minutes pour me changer – qui sait, peut-être que ça sera même pas vraiment ma faute, peut-être que si je suis en tard je pourrais me dire « ah zut c’est trop bête, je vais pas pouvoir y aller cette semaine, foutu moi et mes retards… »

mais non, je tiens le cap

je cours un peu dans les deux rues qui me sépare du studio titubant dans une paire de Ugg trop grandes qui ne sont pas les miennes

pourtant, lorsque j’y suis, lorsque l’échauffement se passe presque bien, que je n’oublie que la moitié des pas, que j’arrive à ne pas trop regarder la fille devant moi qui a l’air d’avoir intégré tous les mouvements depuis la maternelle, je commence à m’y sentir bien

et il arrive toujours ce moment, au milieu des deux heures intensives, où je me dis que j’aimerai ne jamais quitter cet endroit, rester là, à apprendre des pas toute la journée

(yet another reason to leave)

I’ll never admit those obscure reasons leading me to attend classes at the dance studio but please remind me to never to let it go

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sweet caroline

l’internet, c’est cet endroit où tu es plus que jamais one email away from this person you’re dying to meet

c’est complètement dérisoire, c’est juste un mail, c’est quelques mots, c’est rien, et en même temps, c’est déjà ça, le lien est là, un fil, tendu, prêt à se briser à tout moment

d’un bout à l’autre de la planète, avec le décalage horaire, et tous les obstacles plus évidents

on faisait comment avant pour discuter avec le chanteur de ce groupe obscure du Tennesse?

me dites pas qu’on envoyait une lettre – enfin plutôt si, dites le moi, et voyez comme c’était juste désespéré, y’avait zéro chance de rien

maintenant les gens – pas tous – mais certains ce sont juste des jeunes comme nous, peu importe ce qu’ils font, qui ils sont

l’humilité ça a du bon…

c’est con hein?

mais finalement je me dis qu’on a vraiment bien recréé les codes de la rencontre IRL dans les mail/ask box

la même hésitation – on pèse bien chaque mot, on sait jamais – certains voudraient tout dire, d’autres la joue retenue, c’est à chacun son style

la motivation est toujours la même – reachin’ out

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sing it out

on s’en moque

on les regarde de travers

et pourtant ce sont eux qui font avancer le monde

je lis les mots et ma propre expérience me ramène à une certaine mesure – been there, done that, didn’t end well

c’est terrible cette façon d’appliquer à d’autres ce qui arrive à soi-même
pourtant j’ai du mal à imaginer une autre issue

et pourtant ils ont l’air – oui je ne peux pas vraiment le croire, tant que je ne l’aurais pas vu, ils auront juste l’air – de l’avoir fait, d’être acceptés, de faire leur bonhomme de chemin, de ne pas être jugés

je m’en méfie comme de la peste, des fans en général – je devrais pas, c’est cracher dans la soupe comme dirait l’autre – mais on me l’a appris, alors j’applique bêtement, jusqu’à ce qu’on me montre patte blanche – et encore, c’est pas toujours suffisant
mais j’ai l’impression qu’il y a de bonnes choses dans ce fandom

je m’en méfie, de l’internet, de l’immédiateté, de ce que l’on croit, de ce que l’on dit – parce que ce qui me chiffonne, ce qui m’empêche vraiment d’y croire, c’est qu’il n’y a qu’une seule chose de vraiment vrai, et pour le coup de parle d’expérience :

once you’re really in, and I mean, really in, you never, ever, spread out anymore.

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this is how september ended

je me suis surprise à ne plus écrire pendant quelques semaines – pourtant c’est pas comme si j’avais rien à dire, si il y a bien quelque chose qui a changé c’est que je me fais bien moins chier

néanmoins je suis un peu paralysée par mes doutes, mais je continue à avancer
je préfère du coup ne pas trop écrire

je me suis donc dit que j’écrirais pas avant octobre, septembre c’est toujours un peu comme ça, l’infamous syndrome du « wake me up when september ends »

cette semaine j’ai fait un énorme pas en arrière, géographiquement parlant, je me suis rapprochée d’un lieu qui symbolisera toujours une fin – de l’enfance, de l’innocence, et que sais-je encore – et je suis bonne pour y rester au moins quelques mois, dans ce nouveau bureau si proche de cet endroit un peu sacré/hanté dans ma mythologie personnelle – mais adviendra que pourra, c’est surement une étape en plus qui me pousse vers la porte de sortie

je suis toujours aussi peu fière de mes obsessions mais j’y travaille, et je vais fangirler dans une salle obscure pendant une heure et demi, et je m’explique avec moi-même, comme si on me confrontait, ça fait des dialogues assez longs mais toujours assez similaire
ça part de « aren’t you sick of feeling bad about yourself? » pour arriver au contraire

c’est pas très grave si c’est tout blanc, que ça dégouline de bons sentiments – et encore, pas tant que ça – c’est juste là pour faire du bien aux gens
ça me rappelle une démarche un peu similaire qui m’avait séduite il y a des années de cela – comme quoi les chiens ne font pas des chats, et même si je suis vaccinée – ça c’est sur – contre le fangirlisme évident, un peu d’immersion dans un fandom n’a jamais fait de mal à personne – tout le contraire, même, à ce qu’il parait

i just hope that i’m not dreaming too high this time

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from Paris with love

je vis dans le Paris des cartes postales

je snobe le métro autant que je le peux, pour lui préférer le bus ou mieux, mes pieds (ça va me manquer de ne plus être piéton)
je me balade dans le quartier et quand je lève la tête je redécouvre les bâtiments
je crois que je me rends compte de cette chance – ça fait pas tout – mais c’est quand même très beau

je vis dans le Paris romantique des films à l’eau de rose, avec lampadaire et seine prêts à lancer les violons
rues pavées et hôtels particuliers
église et petit parc fleuri

c’est pas vraiment le Paris des touristes, c’est le Paris qu’on découvre en se perdant, quand on a déjà bien écumé la ville
c’est caché et perdu au milieu des grandes artères qui fourmillent

et pourtant…

pourtant quelque part, même ce Paris là, c’est pas assez – mais c’est le point de départ

from Paris with love

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